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Antisémitisme et statistiques

par : HeleneLarrive    

Auteur(s): Hélène Larrivé

Antisémitisme, attention danger. Feu rouge clignotant…
L'antisémitisme semble actuellement en hausse,
particulièrement dans des milieux que l'on pourrait pour le coup qualifier de "rouge-brun"… donc parmi des gens traditionnellement épris de justice sociale et d'antiracisme, absolument sincères et non agressifs, ce qui est gravissime… Le disque rayé classique que l’on croyait enfoui sous les cendres d’Auschwitz résonne encore là où on ne l’attendait pas, je l’ai entendu hier : les juifs seraient (plus que les non-juifs) reliés au monde des affaires, des banques et de l'argent... ou pire, ils se serviraient de la Shoah comme vitrine pour masquer les horreurs d'Israël… ou, encore pire, ce sont certains d'entre eux qui auraient conduit les leurs dans les chambres à gaz en finançant Hitler... (Par parenthèse, il est vrai que des banquiers, parfois juifs, par peur du communisme, ont cru pouvoir se servir de l’olibrius et l’ont même aidé au début : une colossale imbécillité dont ils n’eurent pas le monopole.) Alors, livrons nous à une recherche certes contestable mais curieuse. Consultons simplement le magazine "Forbes" qui collige le nom des plus grosses fortunes par pays et dans le monde. Voici : en France, sur les 30 plus grosses fortunes, 4 sont le fait de familles juives : Dassault, Badinter, Wertheimer et David-Weil, (tous en position moyenne) ce qui fait 13,3 % de juifs parmi celles-ci. Pour 0,9 % de juifs dans ce pays, on peut dire en effet qu'ils sont globalement
sur représentés à hauteur de 3,4 % points. Mais pour ce qui est des plus grosses fortunes mondiales (incomparablement plus importantes), il n’y a aucune famille juive sur les 667 têtes de liste citées par Forbes, ce qui est normal, la population mondiale juive étant de 0,0002548 %, (sur les 13 millions en 39, 6 millions anéantis par les nazis, restaient 7 millions en 44 et actuellement 17 millions). Il ne semble pas qu’il y ait de sur représentation des juifs dans les grosses fortunes mondiales, du moins à hauteur de ces 667. Il est vrai que les chiffres sont tellement incommensurables que le pro rata est peu significatif. On peut donc en conclure qu’en France en ce qui concerne les grosses fortunes, les juifs seraient plutôt plus "nombreux" (de 3,4 points), mais pas les plus riches des riches toutefois, et dans le monde, a priori, non. Il faudrait affiner l’étude et calculer non pas en termes de plus grosses fortunes mais de quantité réelle d’argent ou patrimoniale et établir une proportion en fonction de tranches déterminées… Mais de visu, il semble d’emblée que les juifs ne sont pas sur représentés… sauf dans l’esprit des antisémites.
Une explication peut-être : même s’ils ne sont pas sur représentés, c’est cependant d’eux qu'on parle le plus, pour des raisons évidentes, le racisme certes… mais peut-être aussi culturelles, les juifs, surtout sépharades, ayant moins de tabous au sujet de l’argent qu’ils gagnent ou possèdent et ne s’en cachant pas. A la limite, comme souvent les arabes ou les américains, ils en avoueraient plutôt plus et les autres, moins. Sur les noms cités par Forbes, juifs et non juifs confondus, certains, (juifs presque à tout coup) sont ultra connus, emblématiques de la notion de réussite financière (Rothschild, Dassault) et d'autres, parfois incomparablement plus riches (Ingvard Kamprad, Karl Albrecht…) totalement ignorés du grand public. Parmi ceux-ci, beaucoup de protestants scandinaves et germaniques dont la devise est : être et non paraître !
Ce qui est vendeur pour les medias, le scoop à coup sûr n’est pas la quantité d’argent en soi possédé par une famille, mais la manière dont elle se distingue, vit, ou dont on la désigne au public (s’il s’agit d’une famille juive, le filon est toujours excellent) et la façon (romanesque, étonnante parfois) dont la fortune a été constituée (exemple, Bill Gates) ou… dépensée (cf toujours Bill Gates.) Le scoop réside dans l’originalité et la signification fantasmées de la fortune, c'est-à-dire dans les gens eux-mêmes et non dans la quantité d’argent en soi qu’ils possèdent. Plus ils seront supposés différents, plus ils seront pointés avec intérêt. La banale famille Kamprad qui vivait simplement en Suède dans sa (triste) région natale, dont l’épouse faisait les soldes et les enfants allaient à l’école publique n’intéresse personne : ils ne couchent ni avec Diana, ni n’épousent un/e star et ne sont même pas juifs ! Ce sont presque vous et moi à deux détails près : le mécénat vis-à-vis de l’école populaire et… l’obédience passée (qui fit l’objet d’une repentance publique) au parti nazi, une dramatique erreur de jeunesse s’excusa Ingvard, en quatrième
position au palmarès des plus grosses fortunes mondiales… Une idée : si on faisait le pro rata (par tranches) de la représentation… des ex nazis, des protestants, des enfants uniques… parmi celles-ci ? A cela, personne n’a songé. Peu vendeur ?
Publié le : décembre 24, 2007
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