Madagascar a failli par deux
fois être un lieu de déportation de Juifs
06-02-2006 / 16:59
Notre
île est perçue à la fois comme un « paradis tropical » et un « espace sous- développé, négatif par excellence ».
C’est dans l’abondance de la deuxième vision que Madagascar a failli devenir par deux fois un lieu de déportation des Juifs dans les années 30. L’Association des professeurs d’histoire et de géographie de Madagascar (APHGM) en a fait le principal titre du n°2 de sa revue, qu’elle a présenté samedi à l’Alliance française d’Andavamamba.
Dans les années 30, une association juive polonaise, victime de l’antisémitisme de son gouvernement, demande au gouvernement français le droit d’exil dans la Grande île. Il était alors convenu que les immigrants, près de 50.000, s’installeraient entre Antsiranana et Port Berger. Ils assureraient leur survie par l’agriculture. Mais le projet tombe à l’eau grâce à , ou à cause ?, del’opposition des colons français installés dans notre pays et des nationalistes à la fin de l’
année 1936.
La même année, les nazis songent pourtant à déporter à Madagascar les Juifs d’Allemagne, voire de toute l’Europe. Le but était de les faire « paître » dans l’île et de les surveiller en faisant patrouiller des navires autour de notre île.
Et puis, au début de la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne veut faire de Madagascar un « gigantesque mouroir pour les Juifs ». Le choix vient de deux raisons : l’île est une réserve contrôlable et l’extermination des déportés serait plus rapide à cause du climat tropical.
Huit millions de Juifs étaient à déporter par le biais de 130 bateaux. Chaque bateau réaliserait deux voyages par semaine, transportant chacun 1 500 individus par voyage. Le coût des traversées serait à la charge des Juifs, déportés avec leurs biens, lesquels reviendraient ensuite aux Allemands.
Cette fois, le projet sera arrêté de justesse fin 1941, par le blocus britannique à Antsiranana et par la défaite des Allemands face aux Soviétiques pendant l’hiver de la même année.
La revue « Tsingy » est élaborée par l’APHGM, qui regroupe tous les enseignants d’histoire et de géographie de tous les niveaux dans toute l’île. « Tsingy » a pour vocation d’être « un forum de d’échanges sur les pratiques et applications pédagogiques et un cercle de réflexions sur les problèmes internationaux », selon son rédacteur en chef, Frédéric Garan.
L’association projette d’éditer la revue tous les trois mois à 15.000 ariary l’unité. Le premier numéro était sorti en mars 2005.
Domoina Ratovozanany
"Les Nouvelles"
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