Suicide au cœur du travail, la faute d’un système organisationnel d’inspiration japonaise.
Appelé « Toyotisme » suivant l’entreprise Toyota où le système de production est basé sur l’intensification des rythmes de travail en y intégrant une composante humaine. Proche du taylorisme des années 1950 ou production réalisée au travers de tâches répétitives sans tenir compte de l’aspect humain, des véritables « salariés machines » que l’on croyait incapable de réfléchir ou à qui on ne laissait le temps de penser.
Dans ce nouveau système de production venant de l’Orient, les ouvriers doivent prendre en compte « la gestion de crise » ou constamment s’adapter aux impératifs des marchés ou commandes dont est en charge l’entreprise. Ainsi, l’ouvrier doit être flexible, le temps d’exécution des tâches est chronométré, chaque geste est organisé en une sorte d’organigramme hiérarchisé, les temps de pause sont contrôlés, les conversations épiées. Bref tout ce qui ne profite pas à l’intérêt de l’entreprise est banni. Aussi, c’est au Japon suivant ce système qu’a été identifié et conceptualisé le Karoshi ou la mort par épuisement du à un excès de travail ou encore le Karo-jisatsu, qui est le suicide en relation avec le travail.
Aussi, là où cette méthode japonaise a été transposée dans des entreprises françaises, des cas de suicides ont été observés, citons Renault pour exemple. En outre, ces faits dramatiques ne tiennent pas tant à ce système d’organisation qui normalement devrait récompenser les salariés en terme de salaires et de valorisation des individus au cœur même de la production. Mais tient au fait d’une part que les informations en entreprise circulent mal et que celles-ci sont distillées avec parcimonie par les directions de l’entreprise, d’autre part que les moyens en terme de personnels ou en terme de matériels se heurtent à des décisions budgétaires qui ne correspondent à une politique d’entreprise tourné vers la production.
(Aussi les pays occidentaux, relève d’une société où l’écrit est roi, et la communication non-reine. Tant que cette situation demeura, les entreprises françaises ne pourront s’adapter à un système de production garantissant non seulement de forts gains de productivité ainsi que d’imposant gains financiers tout en intégrant de manière humaine ces salariés.)