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Le Monde

Review by : blsecret
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mots: 600
Publié le : avril 03, 2008
Le cinéaste Kijû Yoshida, un metteur en scène exigeant.

Il n’aime les films commerciaux réalisés par Misogushi ou Kurosawa, il est pourtant l’un des moteurs et chroniqueurs du cinéma au Japon. A 74 ans, ce « penseur » cinéaste est mis en lumière par une rétrospective qui diffuse ces films au Centre Pompidou jusqu’au 19 mai 2008. Depuis 1986, ce solitaire a réalisé que trois longs métrages. Le plus récent s’intitule « Femmes en miroir » qui évoque les bombardements d’Hiroshima, il a été présenté au Festival de Cannes en 2003. Au même titre, que Oshima ou Imamoura, il devient assistant réalisateur très jeune au studio « Shôchiku », cependant il n’était destiné à être cinéaste. 
Enfant lors de la seconde guerre mondiale, il rechape de justesse aux bombes incendiaires qui s’abattent là où il vit, dans la ville de Fukui. Plus réceptif à la littérature et la philosophie, il souhaite suivre des études littéraires mais ne peut s’y consacrer. Il est en effet amené à subvenir aux besoins de sa famille, son père étant devenu aveugle, il ne peut travailler. Néanmoins, il s’adapte progressivement au monde du 7ième art qu’il considérait jusqu''à présent comme un monde de divertissement. Il s’interroge sur le cinéma japonais et remet en question la vision de celui-ci. Il le voit comme un espace temporel qui se doit de se rapprocher de la réalité tout en gardant à l’esprit que c’est une fiction. 
Son premier film à pour titre « bon à rien » qui est destiné à la jeunesse mais il se veut résolument exsangue de tout codes moraux ou sociaux. Ce n’est qu’après qu’il réalise des films suivant des influences marquées pour Antonioni ou Godard, seul référence qu’il consent à reconnaître. Rossellini est aussi admis en ce cercle très restreint. En 1962, il adapte un roman d’Akitsu, « la source thermale » mélodrame sentimental basé sur la tragédie d’amants séparé par la vie. Sur le fond ce film, c’est une construction étrange qui distors le temps, la mise en scène étant une obsession de Yoshida. Il rencontre d’ailleurs sa future femme au cœur de ce tournage ; l’actrice Mariko Okada la plus célèbre en ce moment au Japon.

Il veut de part cette union, redéfinir la place de la femme au sein du cinéma japonais, il souhaite que les femmes ne soient plus seulement vues comme un objet de désir mais quelles soient vues dans leurs entièretés, leurs regards fixant le spectateur et n’étant plus abaissés. Afin de réaliser ces changements de réalisation, il quitte la Shôchiku est s’appuie sur son égérie en abordant des sujets de sociétés tel la procréation assistée dans « Flamme et femme ». Cette période se termine par la réalisation d’une trilogie sur l’histoire et le désir, dont le premier volet est « Eros » + « massacre ». Après « Coup d’état » en 1973, Kijû Koshida déserte de cinéma tournant des documentaires pour la télévision. Il ne reprendra ces réalisations qu’en 1986 avec un long métrage intitulé « Promesse ».

www.yoshida.fr site consacré au cinéaste et à l’ensemble de ces événements.
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