L’ éthanol : ange et démon
Dans
le Minessota la plantation massive de maïs servant à fabriquer l’éthanol devient la règle.
Pas moins de 37 millions d’hectares de maïs ont été planté. Des distilleries fleurissent partout au milieu de champs. Elles transforment le maïs en alcool, puis en éthanol. Un véritable « boum » de cette culture est destinée à pallier au pétrole trop cher. Cependant, le prix de cette céréale flambe passant de 79 dollars la tonne à prés de 240 dollars. Les
agriculteurs de cet
état sont aux anges, leurs profits sont conséquents et ils gèrent de
manière optimum leurs exploitations.
Georges Bush, le président américain est à l’initiative de la folie éthanol. Dés 2005, il encourage fortement le développement des énergies renouvelables, à l’image de l’éthanol qui est censé réduire les importations de pétrole brut. Le Congrès américain d’ailleurs impose aux raffineurs d’ajouter à l’essence 28 millions de litres de biocarburants. De ce fait, les Etats-Unis sont devenus le numéro un des producteurs d’agro carburants.
Les banquiers, milliardaires à l’image de Bill Gates ou les industriels, tous investissent des sommes importantes pour profiter de l’essor de l’or vert. Les usines de traitement de l’éthanol se construisent de manière exponentielle prés de 150 usines et une cinquantaine d’autres sont à venir.
Les agriculteurs grâce à ces soutiens financiers investissent dans des tracteurs très perfectionnés valant 250 000 dollars. Les hangars à maïs foisonnent. Cependant les engrais et pesticides sont largement diffusés au sein des cultures. De plus, les émissions des vapeurs d’éthanol ne sont très saines.
Mais c’est tout un état qui en profite, certaines villes de celui-ci était ce que l’on pourrait appeler des villes fantômes, il n’y a avait âmes qui vivent, ils subsistaient seulement des grosses fermes industrielles tournant au ralenti. Ces mêmes villes aujourd’hui vibrent d’un nouvel élan et tous ces habitants en profitent. Les jeunes adultes ne sont plus obligés de partir, les fermiers et agriculteurs peuvent investir et préparer l’avenir. Les constructeurs d’engins agricoles se frottent aussi les mains, à l’image de Jhon Deere. Nous pouvons parler de révolution agricole au cœur de cet état.
Néanmoins, nombres d’opposants et de critiques s’abattent sur cette nouvelle agriculture productiviste. Tout d’abord, même si le coût de production de l’éthanol est moins cher que le coût de production de pétrole, il en faut 30% de plus pour parcourir la même distance suivant le pétrole. De plus la production de gaz à effet de serre est plus importante. Ajoutant que les denrées au niveau mondial et notamment le maïs est de plus en plus cher. L’exploitation massive de cette culture induit des prix mondiaux sur les produits de base énorme pour les pays pauvres ou en voie de développement. D’ailleurs, des émeutes éclatent dans certains pays suivant des prix trop élevés. Notons également que les véhicules américains équipés de réservoirs pouvant contenir ces agro carburants ne représentent qu’environ 5% de l’ensemble des voitures américaines. Enfin, même si toute la production de maïs servait à produire de l’éthanol, seul 12% des besoins en carburants serait satisfait.
Aussi,
l’OCDE (l’organisation de coopération du développement économique ) assure que le remplacement du pétrole par l’éthanol n’est un remède à la pénurie et développe l’insécurité alimentaire mondiale.
L’exploitation des ressources de manière non maîtrisée ou ne tenant compte des équilibres mondiaux nous conduit dans un déséquilibre permanent.
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