La Croix
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Publié le : juin 20, 2007
Madagascar, l’île des brodeuses aux savoir-faire exceptionnels.
Nosybe, morceau de terre aux saveurs épicées, dispose de brobeuses émérites .
Sur le canal du Mozambique, cette île de dimension réduite (24 km de long sur 18 km de large) offre bien plus qu’un séjour classique de dépaysement. Nosybe est un petit bijou d’artisanat. De plus, ce bout de terre révèle à nos yeux une beauté saisissante. Les plages de sable blanc immaculé, les hôtels rendant leur magnificence sous le soleil, les petits villages de pêcheurs ou d’agriculteurs confèrent à cette île des métaphores lumineuses.
Les fragrances des épices ajoutent une touche enivrante. Mais ce n’est pas tout, les brodeuses de Nosybe représentent l’activité principale d’artisanat réputé dans le monde entier. Les femmes ont en fait leur travail principal et une certaine complicité naît de l’échange de leurs capacités à innover. C’est le point Richelieu qui concentre toutes ses mains expertes. Elles sont réunies dans ce lieu afin d’éviter la concurrence instiguée par la capitale Hell Ville où les touristes affluent. Hell ville tient son nom de l’amiral français Hell, qui était gouverneur de l’île bourbon en 1841 et proposa son aide à la Reine Sakalava Tsiomeko qui régnait sur la région.
Implanté aux quatre coins de l’île pour qui veut chercher, ces brodeuses réalisent des travaux somptueux digne d’un savoir-faire frôlant l’excellence. Malgré, les difficultés du quotidien, il faut en effet savoir que le salaire moyen à Madagascar est de 100 euros par mois. Ces femmes se regroupent en association afin de s’entraider et surtout éviter l’isolement. Berthe, une femme robuste et énergique confiait : « La vie n’est facile, la broderie nous aide sortir de nos problèmes journaliers ». Son mari comme beaucoup travaillait dans la seule usine de canne à sucre qui a fermé. Ce travail artisanal représente l’activité essentielle à la survie de nombreuses familles.
A l’image de Mounira Abdou, qui ne que 29 ans mais excelle déjà dans la broderie. Elle se réalise dans ce travail. De plus, il lui permet de scolariser ses enfants et de subvenir aux dépenses liées à celle-ci. Mounira a cependant des difficultés, elle ne peut presque plus parler, prochainement et suivant ses économies elle subira une opération. Ce mutisme relatif est du en grande partie à la mort de son père disparu en Mer lors d’un voyage aux Comores.
Sa voix s’éteint en parlant de ce drame, elle n’arrive à faire le deuil de son père. L’association, les brodeuses de Dzamandjar la soutiennent et l’entraide est omniprésente face à ces destins souvent douloureux. La fin d’une journée de labeur s’annonce, le soleil décline, la nuit approche, les ouvrages accrochés sur un fil tendu claquent suivant le vent. Le retour des brodeuses à leur domicile est proche.
Les revues, les documentaires diffusés sont unanimes sur la richesse de ce pays. Outre ses paysages idylliques, ses plages, sa faune marine splendide etc… Un voyage à Madagascar, s’est aussi et même peut être avant tout, la découverte et la rencontre de ces brodeuses.