Le Canard Enchaine
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Publié le : novembre 06, 2007
Il devrait être la "bible" de tous les journalistes, jeunes et anciens de la plume, du micro et de l''optique à grossissement variable. "Il", c''est le Canard Enchainé. Un sacré volatile pour plumitifs en liberté surveillée...Il faut avoir en main le dernier numéro des "Dossiers du Canard Enchainé", au risque de rester ignorant le restant de ses jours. L''opuscule de 80 pages et des plumets, taille une croupière à la caste privilégiée des journalistes, en poste, sur le terrain, dans les airs et sur mer. C''est normal, le canard est un journal satirique, notion que certains détracteurs n''ont jamais intégrés dans leur cerveau abscon. L''hebdo tape fort là où ça fait réellement mal: au niveau du ventre, du nombril exactement, le lieu où réside l''amour propre autant qu''il puisse l''être... Consoeurs et confrères prenez en de la graine! Il est question dans ce dossier consacré à une élite, de la nouvelle censure, plus justement des nouveaux censeurs. Alors comme ça, on (les professionnels de l''info) nous cacherait des informations? Parce que la conscience des écrivains patentés et autres présentateurs à la carte numérotée, estampillée bleu, blanc, rouge, aurait plus d''acuité que le commun des mortels? Pour nous préserver des affres des vérités planquées dans les tiroirs secrets de l''inavouable. Mince!Il faut, soit les louer ces Bayards du journalisme, soit les vilipender et les poursuivre de notre vindicte très populaire, pour cause d''escroquerie intellectuelle. Le balayage tout azimut effectué dans l''espace-temps journalistique vaut son pesant d''informations. Chacun doit savoir que le dernier journal de France rapportant une information au plus près de la réalité est encore et toujours le canard qui ne s''est jamais trahi en introduisant des annonceurs sur ses pages si bien remplies. Sa liberté est sa crédibilité! Que les actualités qui nous sont données à lire à huis clos nous donnent parfois la nausée n''est pas un malaise provoqué par les journalistes du canard, mais en toute objectivité par les faits eux-mêmes. Il y a seulement une réalité qui nous dérange. Il faut faire avec vue que la justice n''est pas de ce monde. Infos recoupées, mille fois s''il le faut, l''actualité ici baigne dans la soupe servie par une kyrielle de scribes avantageux et parfois avantagés à une autre élite qui elle-même lui sert la soupe... C''est, à lire le dossier, le Grand Partage entre gens qui se comprennent, exclusivement. Le peuple gobe-t-il toutes les coupures, toutes les censures qu''Anastasie opère avec délectation. Le peuple le sait mais se tait. Après tout, "on" pense pour lui, il n''y a plus qu''à digérer l''indigeste, question d''habitude. On évacue les scories d''hier tous les matins à l''aube d''une autre actualité tout aussi chargée. Et la censure existe parce qu''une fois encore l''élite décide de protéger ce peuple qui ne peut apprendre qu''on le gruge de manière éhontée. Il en serait si bouleversé qu''il risquerait de sombrer dans la névrose. Quoique à bien réfléchir (c''est arrogant certes), la honte aujourd''hui soit devenue une denrée réservée à quelques ringards de l''infos. Autre véhicule professionnel cloué au pilori de la "réserve" que se doivent les journalistes, par souci de faire jouer leur sens du discernement: l''autocensure! Elle se pratique à grande échelle, sur toute la hauteur de la hiérarchie journalistique. Elle circule sur des routes secondaires, bien à l''abri des regards suspicieux. Bref, une fois refermé le dossier, on a plutôt envie de se saisir d''un bon livre que de se maintenir informé par le biais des médias médiocres. Décidément on ne peut plus faire confiance à la gente journalistique pour nous illuminer de l''éclat de leur savoir. N''allons pas jusqu''à extrapoler, au risque de passer pour un mesctivité que l''on pratique par vocation comme les anciens la pratiquaient... à la nuance près que cette vocation a lissée sa vertu dans le sens des poils de ceux qui créent l''actu...