Science et Avenir
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Publié le : février 06, 2008
Le défi du charbon propre est à relever pour sauver la planète d’un réchauffement supérieur à 2° d’ici à 2050 car la demande mondiale a doublé en 35 ans et, avec la logique actuelle, selon l’Agence Internationale de l’énergie, sa consommation pourrait augmenter de 73 % d’ici à 2030. Cette source d’énergie fossile demeure essentielle dans le monde pour fabriquer de l’acier (charbon à coke) ou de l’électricité ( charbon vapeur) .On estime ses réserves à 150 ans de consommation. De plus, son prix de revient bas, ses facilités de transport et sa répartition sur tous les continents continuent à le rendre attractif même si les Français habitués au nucléaire et pratiquement sevrés de charbon depuis la fermeture de la dernière mine en Lorraine, continuent à penser qu’il est d’un autre âge. Il est, selon l’AIE, appelé à succéder au pétrole(100 dollars le baril) et au gaz dont le tarif est indexé sur celui de l’or noir. Mais, au moment où les pays essayent paradoxalement d’enrayer le changement climatique en cours, en 2005, le charbon a dégagé plus de CO2 que le pétrole et ses émissions augmenteront de 70% d’ici à 2030. En cause, sa forte teneur intrinsèque en carbone et la faible efficacité des centrales qui le brûlent. Bien plus encore, si on raffine la houille pour produire du carburant liquide, les émissions globales à effet de serre s’envoleront.« Mieux vaut rouler au pétrole et travailler à capter le CO2 issu du brûlage du charbon » analyse Cédric Philibert en charge des politiques d’atténuation du changement climatique à la division Efficacité énergétique et environnement de l’AIE. Actuellement, on sait limiter l’ impact de ce gaz sur l’environnement mais les procédés industriels ne seront opérationnels que vers 2018. De plus, son enfouissement durable et fiable n’est pas au point. L’Australie, les Etats-Unis , l’Inde et la Chine et l’Europe ont choisi le charbon. Selon le WWF, en mai 2007, les 30 centrales les plus polluantes se trouvent en Allemagne et Grande-Bretagne. On prévoit, selon l’AIE, pour sauvegarder l’indépendance énergétique (gaz russe), la construction de 4 grosses centrales par an pendant 30 ans, moins chères que le nucléaire. Elle devront capter le CO2 à partir de 2020.L’Europe prévoit de produire aussi 20% de son électricité à partir d’énergies renouvelables. Pas ces scrupules aux Etats-Unis car « la part d’électricité tirée du charbon augmentera de 60% d’ici à 2030. »indique Catherine Gautier de l’université de Californie à Santa Barbara. Sauf à changer de politique énergétique, le charbon pourrait fournir 55% de l’électricité au pays à cette date. Constat désolant : sur 170 centrales à charbon, seules 33 seraient propres. Le climatologue James Hanser tire la sonnette d’alarme. Il suffirait d’une prise de conscience générale car les Américains peuvent agir vite, les entrepreneurs étant prêts à investir dans les solutions technologiques. Restent que les signaux les plus inquiétants viennent d’Asie : la Chine consomme plus de 38 % du charbon mondial et, pour satisfaire les citadins, sa consommation a doublé entre 2000 et 2006. Toutefois, les centrales neuves en utilisent moins avec un meilleur rendement, mais sans unités de captage du CO2 car elles réduisent le rendement global de 8 à 13%. Un scénario noir se dessine d’ici à 2050. Nous ne couperons pas d’ici là aux économies d’énergies.