le JDD
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Publié le : novembre 06, 2007
Elles sont riches, très riches, mais jamais assez. Elles restent portes closes aux démunis mais s''ouvrent sur des jardins luxuriants offerts aux plus nantis. Entre ces deux extrêmes que la société produits et acceptent sans trop regimber, il existe une "masse" de vaches à lait qui elle aussi produit à bons comptes. Depuis que le salarié est OBLIGE (par une loi légitimée en son temps mais aujourd''hui scélérate) de posséder un compte en banque, les établissements bancaires l''ont pris en otage de manière tout à fait légale. De client, le possesseur d''un compte - pensant benoîtement qu''il en dispose - est devenu un vrai OTAGE. Sous couvert de bonne gestion, sous couvert de la sacro sainte rentabilité à redistribuer en dividendes aux actionnaires, les établissements bancaires se sont octroyés des droits régaliens d''une autre ère prérévolutionnaire... Les gouvernements successifs, gauche-droite confondues, se sont gardés de toucher à ces coffres fort tenus de main de fer par des hommes qui souvent sortent des mêmes écoles, hautes en général. Les gouvernants se sont souvent dits "satisfaits"" de la nomination de tel ou tel dirigeant à la tête d''une grande banque. Encore un vieux pote de lycée qui a réussi dans la vie...Ce petit monde, fiché dans sa bulle gonflée au gaz rare, tourne en rond et jamais ne redescend. Les passations de pouvoirs se font par cooptation, se transmettent de génération en génération. Les asservis assistent passivement à ce remue ménage et ne peuvent que constater les ponctions que ces rois de la finance opèrent dans leurs comptes en banque. Sans vergogne, sans scrupules, des vertus qui n''ont aucune prise sur leur conscience. L''intérêt général limité aux actionnaires a bon dos et la masse composée d''individus tous différents, se trouve lissée d''un coup de truelle assurée. C''est dans ce contexte que Luc Chatel a remis un projet au gouvernement afin que certaines pratiques flirtant avec l''escroquerie "légalisée" cessent. Certains établissements prélèvent des frais sans avertir leur "client" qui n''en n''a plus que le nom... Le terme est galvaudé car le client est devenu un "produit" dont le taux de rentabilité est calculé au centime près. Et comme tout produit à la merci de son propriétaire, il doit offrir une valeur ajoutée élevée. Aucun segment financier de la vie du "produit-client" n''échappe à la captation de quelques prélèvements d''argent frais: ouverture ou clôture de compte, retraits aux DAB voire aux guichets même de sa propre banque etc, n''échappe à l''avidité accrue des usuriers blanchis par des façades de respectabilité établie, codifiée, imparable, inoxydable... Le projet de Luc Chatel qui devait obliger les banquiers à rompre le silence sur certains points obscurs, a parait-il créer une tension entre eux et Bercy. Quelle rigolade à l''énoncé de cette information "capitale"... Le projet ne consiste pas à faire baisser le taux des frai en légiférant - voire en sanctionnant, mais juste d''informer annuellement le produit-client de ce qu''on lui a ponctionné. Quant à l''information du cout annuel des agios, effectivement dus, le lobby des banquiers a réussi à faire reculer le gouvernement... On restera dans le flou, ainsi en ont décidé les propriétaires de nos comptes. Il ne reste plus que le rempart des députés pour inverser la vapeur... Reste que ces représentants surfacés de la France profonde sont obligés de posséder un compte en banque. Otages eux-mêmes d''un Système qu''ils protègent par omission ou compromission, le "produit-client" ne pourra jamais compter sur ces députés dévoués et pétris de certitudes avouées, pour défendre leurs petits intérêts particuliers. La pseudo libre concurrence dont on nourrit l''esprit du bon français est une vue de l''esprit. A celui qui voudrait changer d''établissement bancaire en cours de vie, il lui sera ponctionné une dernidisparition, il existe une espèce d''homos argentus qui n''est pas près de disparaitre de nos vie: elle se nourrie grassement à nos frais, tant qu''il y aura des hommes de bonne volonté forcée pour leur servir leur repas quotidien. Mais chut, "fais silence et dort"...