Sur la pente du confédéralisme, la Belgique traite par bribes.
En lisant le commentaire de Guy Tegenbos,
dans le journal flamand De standaard du 24 juillet 2008, on a l’impression de se trouver nulle part. Le commentaire fait un amer constat de stagnation dans une crise politique sans précédent. Pour ce faire, il commence par trois questions essentielles :
que voulons-nous en fait ? QUEL seuil minimal voulons-nous ? Et pourquoi ? L’auteur n’y va pas par quatre chemins. Pour lui il est clair que le pays est ingouvernable si l’on continue de la manière actuelle. Le modèle fédéral de concertation a atteint ses limites. La date du 15 juillet 2008 pour un accord de gouvernement sur fond de reformes de l’Etat n’a pas été respectee. On se trouve dans la plus profonde crise politique que la Belgique ait jamais connue. Et pendant ce temps, le chef d’un gouvernement démissionnaire continue d’affirmer qu’on avance avec un programme socio economique ambitieux. Rien ne semble convaincre notre commentateur du jour qui assène : «
cela semble relever d' une psychose maniaco-dépressive » Et de poursuivre en déplorant que du jour au lendemain on passe de la misère à la grande joie ! Si les observateurs étrangers ne peuvent rien y comprendre, les Belges eux-mêmes sont habitués à « se comprendre et à se connaître par intuition »Et quand on veut se décider, affirme-t-il, c’est par bribes, de très petites tranches fines. Les changements prennent des années et ne sont d’ailleurs visibles qu’après des années encore.
Selon l’auteur, si les choses continuent à cette allure, on aboutira à une réforme confédérale .Les partis francophones ne le veulent pas ainsi, mais ils ont compris- même le CDH- que c’est la voie obligée, que c’est « inévitable » Pourtant ces francophones font tout pour eviter l’inévitable. D’où la fragmentation des dossiers en cours d’examen. Quant aux hommes politiques flamands, ils sont conviés par le commentateur à se mobiliser contre des transferts de compétences limitées. Ils doivent veiller à se mettre à l’abri du vent jusqu'à la date buttoir du 31 juillet 2008. Et donc si même on se refuse à accepter l’idée de confédéralisme qui suppose autonomie totale des communautés et régions, on finira par glisser et tomber dans ce système. En attendant chaque partie au conflit concocte ses exigences « minimales ».