Le Quotidien d'Oran
mouloudi mustapha
tout à changé sans
changer C’
est vrai que les choses doivent changer. Mais, n’est-il pas aussi vrai que nous nous devons de changer avant de vouloir changer quoi que ce soit dans ce monde déjà bien en avance autant sur nous que sur notre façon de voir ? Ne devons-nous pas changer notre façon de voir et opter pour celle qui impose non pas une farouche généralisation mais une honorable vulgarisation ? Ne devons-nous pas changer ces formes de gestions et les remplacer par celle qui imposent à tout un chacun la droiture et la transparence dans le traitement du
droit des autres ? Ne devons-nous pas changer pour nous reprendre et reprendre en main le combat contre les maux dits sociaux ? Ne devons-nous pas changer pour nous éviter toute forme de radicalisation et ainsi aller vers le salut
qu’offre le collectivisme ? Nul conscient ne prétend unir les feuilles tout en séparant les branches. Nul conscient semble-t-il farouche dans le bataille de l’unification n’abandonne les racines pour ne s’intéresser qu’aux troncs.
Dans certains pays (du bassin méditerranéen) malgré les différents changements (indépendance, liberté et démocratie) les rêves de la couche profonde de la société se limitent toujours au monde du rêve et par voie de conséquence la transformation n’existe que dans les côtés dont l’homme en général n’a point besoin lorsqu’ils ne sont pas les causes de son inexistence en tant qu’humain et rien qu’humain. Nulle nation ne peut se vanter d’être à l’avant-garde de tel ou tel idéal lorsque des pans de sociétés s’écroulent chaque jour. Nulle nation ne peut prétendre être civilisée, démocratisée, industrialisée ou même la gardienne autant du droit de l’homme que de l’expression du droit en général lorsque les espoirs des
uns font la joie des autres ou encore lorsque l’attente des uns alimente les folies des autres. Nulle nation ne peut prétendre défendre le droit des autres lorsqu’elle ne reconnaît plus celui de ses enfants. Nul conscient n’habille les enfants des autres tout en laissant les siens bien plus nus qu’ils ne sont venus en ce monde. C’est une logique que chacun de nous se doit d’accepter et de reconnaître. Même si la paix ne commence pas devant nos portes, il ne
faut pas oublier que l’insécurité peut bien prendre son élan du devant même de nos portes lorsque nous laissons notre for à la merci du vent…
C’est vrai, nous vivons bien à ciel ouvert et la planète est devenue une bien grande maison en verre dans laquelle rien ne peut être caché. C’est vrai, la mitoyenneté impose la suppression des murs et exige le bannissement des virages. C’est vrai mais l’important n’est-il pas d’unir les hommes au lieu de continuer à vouloir unir ce qui est déjà divinement uni à savoir les continents ? Ne faut-il pas unir les regards sur le présent avant de vouloir jeter les bases d’un avenir dont nous sommes incertains ? Ne faut-il pas reconsidérer notre position sur le droit et le devoir ? Ne faut-il pas reconsidérer ce qui rend aveugles les uns devant les difficultés des autres ? Ne faut-il pas redéfinir ce qui fut défini il y a bien longtemps pour une génération bien dépassée par celle d’aujourd’hui ?
Nul conscient ne gère les aspirations des uns avec des discours ou encore avec des promesses. Que la gestion des rêves des uns aille au zénith du réalisable mais que celle des décalés (ces éternels autres) rejoigne au moins le possible du possible, lequel reste bien dans la possibilité des institutions qui se veulent des institutions…
ce passage étant l'introduction d'un poeme qu j''ai publié sur sur www.lecoindespoetes.com
et qui s'intitule je me dois de vous l'envoyer
Tendez et ouvrez
Tendez bien les oreilles
Il n’y a pas que des abeilles.
Ouvrez bien les yeux
La ruche est sous les odieux.
Cessez de ne voir que de dos
Regardez le monde en face.
Humain, je ne suis pas un faux
Je laisse bien des traces.
Je vous ai connu
Vous m’avez bien Aux bruits, j’ai survécu
Vous m’avez bien déçu.
Tendez donc, les oreilles
La nuit, rien de pareil.
Le jour avec ou sans soleil
L’équité est une merveille.
Pour rien, plus de bêtes
A quoi servent les crêtes ?
Pour rien, trop de fêtes
A quoi servent les dettes ?
Les taudis agonisent
Les bébés se diabolisent
Du vide, les uns gémissent
Zinc et carton, frémissent.
Ouvrez bien les yeux
Il ne se fait pas vieux ?
Le passé est dans les cieux
La peur, chez les miséreux.
L’avenir ne pourra être bleu
Avec ces, qui dit mieux.
Eloigné je vous ai aimé
Avec vous je voulais semer
Fidélité, amour et bonté
Naïf, je n’ai pas compté.
Tendez, puis ouvrez
Vous venez de tout fermer.
mouloudi mustapha
Plus de critiques à propos de Le Quotidien d'Oran