Décidément, le cinéma belge produit des films inclassables et marquants. Ce film est de l'
animation dans un style tout-à-fait
inattendu et sur un scénario complètement loufoque. Autant dire que seule l'
animation permet d'obtenir le résultat visible à l'écran.
On est donc dans un petit village et même dans la ferme de ce village. Avec le fermier (Cheval) vivent deux personnages : Cow-Boy et Indien. Ca ne s'invente pas, quand ils s'adressent l'un à l'autre, ils s'appellent ainsi. Et ce sont effectivement un cow-boy et un indien. Précisons qu'il s'agit de deux figurines comme celles avec lesquelles un enfant peut jouer. Les figurines enfantines sont en plâtre. Là elles sont plus probablement en pâte-à-modeler. Sauf que l'animation est encore totalement atypique. Ces personnages (comme les autres) sont sur leur espèce de socle et se plient légèrement pour se déplacer ou faire les gestes nécessaires. On pourait croire après cette description, que l'ensemble est assez statique. Pas du tout ! Il faut les voir se contorsionner pour avancer. Rien que pour ça, au début il y a de quoi rigoler. Ensuite on s'habitue et l'histoire délirante nous fait bien rire à son tour.
L'anniversaire de Cheval arrive à grands pas. Cow-Boy et Indien réfléchissent au cadeau qu'ils vont pouvoir lui faire. Ils veulent quelque chose d'original, pour une fois. Inutile d'ajouter un élément à la collection de cravates. Alors, ils décident de lui offrir un barbecue ! Pour cela ils commandent des briques sur un site Internet. Malheureusement, ils le font de façon maladroite, en maintenant la touche 0 appuyée par mégarde. Ainsi, au lieu d'en recevoir la centaine prévue, ils en reçoivent un milliard. La réception de ce milliard de briques donne lieu à un ballet inénarrable. Et puis, ces briques, il faut bien les mettre quelque part ! Pour cacher leur bourde à Cheval, ils demandent qu'on les place sur le toit de la maison. C'est bien trop lourd et tout s'écroule. Il va falloir tout reconstruire. Or, ces briques éparpillées un peu partout tentent d'autres bâtisseurs.
D'autre part, Cheval a fait la rencontre inopinée de Madame Longrée, une belle pouliche qui ne le laisse pas indifférent. Il doit venir à son cours de danse. Malheureusement, avec tous ces imprévus, il se voit contraint de renoncer à son grand dam (gag récurent).
Tout va s'enchaîner d'une manière de plus en plus loufoque avec des personnages complètement déjantés. Des doux dingues, tous autant qu'ils sont. Et ne parlons pas du monde dans lequel ils vivent. Bref, c'est court mais tonique et inventif à souhait. C'est présenté comme l'éclat de rire du festival de Cannes 2009. On le comprend. Rien à voir avec les 2h24 du ruban blanc. Ici on ne se prend vraiment pas au sérieux mais on s'amuse comme des fous.