Rhinocéros -E. Ionesco
La seconde étape de la dramaturgie d’ Eugène Ionesco est caractérisée
par les thèmes du prison, de l’encerclement, du mur, des obstacles qui prolifèrent pour empêcher l’évasion. C’est un monde dominé par le signe de la mort, qui se souvient encore les catastrophes de la Seconde Guerre mondiale, un monde où les angoisses sont présentes même dans les rêves qu’elles transforment en cauchemars. Le personnage Bérenger qui cherche la “lumière de l’enfance” perdue pour l’opposer aux ténèbres (
La Soif et la Faim) est le seul qui résiste à tout ça. Il est présent dans toutes les pièces à “philosophiques” de cette époque:
Tueur sans gages (1959),
Les Rhinocéros (1960),
Le Roi se meurt (1962),
Le Piéton de l’air (1963),
La Soif et la Faim (1966)…
Dans Les Rhinocéros (pièce en trois actes, mise en scène par Jean-Louis Barrault, en 1960, à Odéon -Théậtre de France, Paris), Bérenger, humble employé qui n’a pas encore perdu la confiance dans les valeurs humaines, voit tous les gens qui l’entourent se métamorphoser, l’un après l’autre, en rhinocéros. Un jour arrive où il n’existe plus d’humains autour de lui, dans la ville… Et les rhinocéros n’apprécient pas ça…
Cependant, Bérenger résiste à la tentation de se rallier au “troupeau” (symbole de l’uniformisation). Fidèle à ses convictions, il ne capitulera pas, il restera homme jusqu’au bout, coûte que coûte.
La pièce exalte la capacité humaine de résister au Mal (ici – l’uniformisation), par un acte de volonté.