le numéro hors-série de Santé Magazine : Spécial Dyslexie consacré à la dyslexie et à la bilexie
On trouve deux interviews :
* "La dyslexie n''est pas une tare" - Entretien avec Jean Métellus
* "J''ai voulu une méthode vraiment efficace" - Propos de Béatrice Sauvageot au sujet de la bilexie et de sa méthode : sensonaime.
Extrait de "La dyslexie n''est pas une tare" - Entretien avec Jean Métellus
Professeur de mathématiques à Jacmel, Jean Métellus quitte Haïti sa terre natale en 1959. C’est à Paris qu’il devient médecin, neurologue, linguiste, spécialiste des troubles du langage et de la parole, professeur au collège de médecine des hôpitaux de Paris, président du groupe de recherche sur l’aphasie et les altérations du langage, organisateur des entretiens d’orthophonie de Bichat…
Santé Magazine : Médecin et spécialiste en neurologie, vous êtes l’un des rares à avoir aussi un doctorat de linguistique. Pourquoi ce parcours ? Tout est allé ensemble. Étudiant en troisième année de médecine, je lisais déjà de la linguistique. Devenu médecin et neurologue, j’ai pensé que je pouvais utiliser mes connaissances pour aider les malades à récupérer le langage. J’ai donc fait un doctorat sur la pathologie du langage. J’ai pensé que connaître toutes les virgules, les tirets, les points d’interrogation, les points d’exclamation du langage, aiderait tout le monde !
Pendant quarante ans, vous avez traité les troubles du langage dans un service de gériatrie. Comment la dyslexie est-elle entrée dans votre vie* ?
J’ai rencontré à l’hôpital des enfants et des parents déboussolés. La dyslexie est une difficulté durable à apprendre à lire
ou à écrire que rencontre un enfant d’intelligence tout à fait normale. Malgré beaucoup d’efforts, il n’arrive pas à entrer dans la lecture. Je rassurais les parents sur l’intelligence de leur enfant.
Comment ?
La dyslexie n’est pas une tare. Elle est peut-être même le signe de capacités remarquables. C’est un potentiel si l’enfant est bien entouré, si sa dyslexie ne l’entraîne pas vers un comportement agressif ou anormalement doux. L’enfant dyslexique serait un des meilleurs de sa classe si l’instruction était entièrement orale. Il a des problèmes avec les lettres, mais pas avec les concepts. En dehors du langage écrit, il n’est pas en difficulté dans les apprentissages. Il n’arrive pas à écrire “chapeau”, d’accord ! Mais il fait des choses bien plus compliquées. Il écrit des textes quasi poétiques.
Peut-on étudier ce qui se passe dans le cerveau du dyslexique expliquant ses difficultés ?
On commence à le penser et à mettre au point des expériences.
Quels éléments apportent les dernières études d’imagerie cérébrale ?
Aucune lésion neurologique n’est détectée. Certaines différences anatomiques sont notées. Des amas de cellules ne seraient pas à leur place ou en surnombre. S’agit-il de malformations ? Sont-elles à l’origine de la dyslexie ? L’état actuel de la recherche soutient que oui. Mais la recherche part souvent avec des idées préconçues. Elle cherche la lésion, l’anomalie et pas le potentiel. Ce sont des hypothèses de travail, il faut faire attention.
Rééducation, dyslexie et bilexie, les ouvrages de la méthode Sensonaime :
http://astore.amazon.fr/dyslexieetbilexie-21
Plus d'abrégés à propos de Spécial Dyslexie