• S'inscrire
  • ‎Qu'est-ce que Shvoong ?‎
  • S'identifier
    S'identifier
    Mémoriser mon nom d'utilisateur Mot de passe oublié ?

Résumez la connaissance humaine sur Shvoong

.

.

http://www.jerada.on.ma/

par : zeroual    


Après la fermeture de la mine de charbon de Jerada en 2001, et malgré l’octroi de quelque six permis de
recherche/exploitation
à des particuliers pour l’absorption d’une partie des 4.500 ouvriers congédiés, des centaines
de personnes se livrent, aujourd’hui, à une extraction anarchique des affleurements, assurant, certes, les moyens de
survie à autant de familles, mais dans des conditions précaires de travail et sans assurance contre les accidents, et
surtout la silicose, une redoutable maladie professionnelle, responsable d’une lente et pénible agonie.
Cette activité, initiée timidement dans les années 90, par d’ex-mineurs, a pris de l’ampleur après l’arrêt de la mine, et les
détenteurs de permis, qu’on espérait voir encadrer le secteur par le biais de petites entreprises de production, s’en
sont réduits à l’achat du produit à ces mêmes exploitants "clandestins", arguant de concurrence déloyale de ces derniers.
Cette situation a amené les autorités locales à saisir la Wilaya de l’Oriental, en vue d’une "rationalisation" de
l’exploitation charbonnière, avec la promotion d’autres créneaux durables.
Ramdane, la quarantaine, tout de fine poussière noire couvert, vient de démarrer "son" puits, après deux mois de
creusage, pour une couche de 25 mètres profonde, négociée dans un dur sol schisteux. Après bonne conversation
sur les conditions de travail, la production, la commercialisation, notre interlocuteur pousse un "bismillah", et amorce
la descente, à l’aide de corde, tenue par deux jeunes gens manoeuvrant des mains, mais en cas de moindre erreur de
"pilotage", l’ouvrier "patron" risque de terminer en chute libre et atterrir en catastrophe au bas fond. C’est par ce
même procédé qu’ils font remonter un couffin rempli de charbon de terre brut.
Au fond de la fosse obscure, les outils d’abattage du minerai sont réduits au plus simple : Un burin et une massette au
lieu du réputé marteau-piqueur du "bon vieux temps". L’éclairage se fait à la seule bougie, qui a tout de même le
mérite d’alerter, en s’éteignant, sur la présence de gaz carbonique, et c’est le sauve-qui-peut.
Pourtant, "beaucoup de gens vivent de cette activité. Allez voir là-haut", nous lance un ouvrier, montrant la "montagne
18 et 16" où il sera dénombré, effectivement, une trentaine de puits. Selon plusieurs sources, il y a, en fait, plus de 80
puits ou "sandria" (descenderie), sur cet axe Hassi Blal-Laâouinat, occupant, au bas mot, 500 hommes. Le puits est
souvent creusé par un ancien mineur, qui le loue ou embauche de 6 à 10 employés, payés entre 150 et 50 DH/jour
(fond/extérieur) par personne, pour une production moyenne de trois quintaux chacun.
Le produit, vendu aux concessionnaires à 55 DH le quintal, coûtant plus en temps de neige et gelure, est transporté
vers leurs dépôts, par des dizaines de charrettes hippomobiles, sur chemins cahotants, pour concassage et criblage.
Selon l’un d’eux, dont ses ouvriers sont, eux, couverts par la sécurité sociale, la production totale dépasse les 100
tonnes/jour, que ces concessionnaires revendent à 1100 DH/T aux briqueteries, fours, chauffage.., surtout au Gharb,
où ce prix est porté au double par des intermédiaires locaux.
Le charbon en poudre est livré à moindre prix à la centrale thermique de Jerada
D’importants effectifs vivent ainsi de cette Houillère, toutefois menacée d’épuisement prématuré, de par l’extraction
anarchique causant, selon un ancien cadre, une déperdition de quatre fois le rythme actuel, puisqu’une partie de la
couche est inexploitée pour servir de "poutre" anti-éboulement, ou par abandon de puits inondé d’eau souterraine,
faute de dispositif requis.
C’est pour palier, autant que possible ces problèmes (accidents, maladie, gaspillage, environnement) que le
Gouverneur de la province de Jerada, M. Abdelghani Sebbar, a sollicité de la Wilaya-Préfecture d’Oujda un gel du
renouvellement des permis et la création d’une "commission de concertation" pour réorganisation du secteur, de
sorte que les postulants doivent, désormais, justifier de "capacités techniques et financières" assurant aux ouvriers à
encadrer, sécurité de travail et sociale et parant au gaspillage, surtout que les affleurements sont épuisables dans
quelques petites années et les couches profondes allant en s’amenuisant. C’est pourquoi les pouvoirs publics misent
sur un autre potentiel local durable, d’autant plus que l’ancienne capitale d’anthracite n’a pas profité pleinement des
recettes générées par 70 ans d’exploitation, et malgré une masse salariale annuelle de 30 milliards de centimes,
héritant ainsi d’une ville fermée, manquant de commodités et de cadre-bâti moderne, comme l’a relevé le Gouverneur.
Certaines raisons en étaient sa proximité d’Oujda, capitale de l’oriental, où une bonne partie de ce pactole était
dépensée, alors que nombre d’ouvriers (sur jusqu’à 7.000 que compatit la mine) transféraient leurs revenus vers leurs
régions d’origine, d’où une compression des dépenses et absence d’investissement à Jerada, comme pour se
contenter, elle, de l’immense terril noir, qui trône aujourd’hui sur la cité, lui témoignant tout de même d’un riche passé minier.
Certes, la société "Charbonnages du Maroc" (CDM) s’occupait quasi-entièrement de sa main d’oeuvre (nettoiement,
eau, logement, transport, santé, culturel), mais rien n’a été planifié pour l’après charbon.
La mesure "salutaire" fut l’érection de Jerada en province en 1994, sur fond de signes avant-coureurs de fermeture.
Publié le : octobre 13, 2009
Veuillez noter ce résumé : 1 2 3 4 5

Bookmark & share this post

Les personnes qui ont lu ce résumé ont également lu :

.