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Bégaiement

par : odivo    

Auteur(s): Docta Michel
Bégaiement, trouble de la communication caractérisé par des répétitions rapides de syllabes ou des hésitations
et des blocages survenant lors de la prise de parole.
TYPES DE BÉGAIEMENTS
Le  BÉGAIEMENT revêt plusieurs formes :
• bégaiement clonique : le bégaiement est dit clonique lorsqu’il y a répétition d’une syllabe, le plus souvent la première ;
• bégaiement tonique : l’émission de certaines syllabes est bloquée ;
• bégaiement toniclonique : répétitions et blocages se succèdent de manière incontrôlée ;
• bégaiement par inhibition : au moment de parler, la personne est physiquement immobilisée quelques instants, à la suite desquels elle peut s’exprimer normalement.
Par ailleurs, quelque soit le type de bégaiement, sa gravité est variable selon les individus, allant du trouble léger à peine perceptible par les interlocuteurs au bégaiement fort empêchant la communication orale.
APPARITION ET CAUSES
Le bégaiement apparaît le plus souvent dans la petite enfance. Des hésitations dans l’expression orale et des répétitions de syllabes surviennent ainsi fréquemment chez l’enfant entre 2 et 4 ans, au moment de l’acquisition de la parole. Ce bégaiement, de durée variable (parfois plus de 6 mois), est tout à fait banal, et disparaît généralement tout seul. Cependant, il arrive qu’il persiste au-delà de 4 ans ; il est alors en voie d’installation et devient généralement pathologique. Plus l’enfant s’inquiète au moment de parler et lutte pour la fluidité de son élocution, plus le bégaiement tend à s’aggraver. Le bégaiement survient parfois de façon brutale à la suite d’événements émotionnellement forts ou de traumatismes, comme l’entrée à l’école ou l’arrivée d’un autre enfant dans la famille. Bien que plus rare, il peut également survenir à l’âge adulte après un traumatisme physique ou un choc émotionnel.
Les origines du bégaiement ne sont pas vraiment élucidées ; aucune théorie ne fait l’unanimité auprès des spécialistes. Il est probablement provoqué par la concomitance ou l’accumulation de plusieurs facteurs indépendants. Le bégaiement de la petite enfance pourrait s''expliquer par le décalage entre le développement mental et les capacités d''expression phonique de l''enfant. On connaît également divers facteurs favorisants (comme l’anxiété, l’hyperémotivité, un climat familial tendu ou des attentes surdimensionnées des proches, etc.) et certains facteurs potentiellement déclenchants comme un événement traumatisant. Des facteurs génétiques semblent également intervenir. En effet, deux gènes au moins ont pu être mis en évidence dans des familles dont plusieurs membres sont atteints de bégaiement. De plus, une étude a montré que chez les vrais jumeaux (issus d’un seul œuf), si l’un des deux bégaie, la probabilité que l’autre bégaie également s’élève à 60 p. 100 — cette probabilité n’est que de 20 p. 100 environ chez les faux jumeaux. Toutefois, l’importance de cette prédisposition génétique dans la survenue du bégaiement n’est pas connue.
Le bégaiement est un phénomène complexe qui va bien au delà des seules difficultés de parole. Des comportements particuliers comme une respiration irrégulière, une fuite du regard et une substitution des mots font partie du bégaiement. Plus qu’un trouble de l’élocution, le bégaiement est ainsi un trouble de la communication, car il ne survient que dans la relation à autrui. En effet, les personnes atteintes ne bégaient pas devant leur miroir, lorsqu’elles chantent ou encore lorsqu’elles déclament un texte sur scène.
PRISE EN CHARGE
Jusqu’à présent et en dépit de multiples recherches, il n’existe pas de traitement véritablement efficace du bégaiement qui fasse l’unanimité. Cela ne veut pas dire que rien ne peut être proposé à une personne qui , enfant ou adulte. Une prise en charge précoce accroît les chances de surmonter ou même de supprimer ce trouble. Deux approches principales sont généralement proposées. La première est rééducative : elle vise à corriger les troubles de la parole en faisant appel soit à un orthophoniste (spécialiste du langage et de la prononciation) ou soit à un phoniatre (médecin spécialisé dans la rééducation de la voix). Elle s’appuie sur des exercices de relaxation, de souffle et des techniques de prise de parole. L’auto-thérapie venue des pays anglo-saxons propose de rééduquer soi-même son bégaiement par une approche fondée sur des exercices simples à faire quotidiennement. Elle propose dans le même temps de modifier sa propre perception du handicap et les sentiments négatifs associés au bégaiement.
La seconde approche est psychothérapeutique. Ainsi, lorsque le bégaiement provient de problèmes psychologiques comme l’anxiété ou l’hyperémotivité, mais aussi pour mieux accepter son bégaiement, une prise en charge psychologique est souvent nécessaire. Des thérapies comportementales et l’hypnose peuvent aussi être proposées.
Les recherches ont montré également que certains dispositifs électroniques pouvaient être utiles : un petit métronome porté derrière l''oreille peut aider à trouver un rythme de parole régulier ; un dispositif empêchant d’entendre sa propre voix peut atténuer les troubles et l’anxiété ressentis face à son propre bégaiement.
Dans tous les cas, le traitement est de longue haleine et suppose une forte implication de la personne.
Publié le : décembre 24, 2007
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