L''Histoire dit que Orwell a vu juste. Son roman fanta-politique, 1984, écrit en 1948, témoigne la clairvoyance d''un
écrivain et l''intellectuel qui a vu au-delà des paysages fumeuses que l''optimisme du seconde après-guerre allait à montrer. Devant ses yeux, Orwell voyait émerger un''époque de buts apocalyptiques. Buts idéologiques. Et l''idéologie, comme Orwell montre, n''est rien d''autre que le camouflage d''une logique de pouvoir politique. La politique s''impose sur la nature des hommes: il nettoie les esprits, décide de la vie des hommes sans défenses, de l''instant de la naissance jusqu''à l''instant de la mort. Le futur imaginé par Orwell est caractérisé d''une structure sociale plutôt statique, où on trouve les conflits seulement à la surface. Il y a trois puissances mondiales qui s''allient et y faisont guerre entre eux, mais la stabilité générale de leur pouvoir est dans l''interesse de tous. Chaque fois qu''un conflit est vaincu ou perdu, l''histoire est réécrite. Et ainsi, les nouvelles générations vont constamment à perdre le lien avec le passé. Les trois puissances mondiales emploient des doctrines politiques qui ont des noms divergés, mais dans la substance ils se ressemblent terriblement. Même la manière de gouverner est identique. En Oceania - la terre dans laquelle y vit le protagoniste, Winston - il y a quatre ministères, qu''ils ont pour nom l''exact contraire de ce qu''elle est leur vraie occupation. Par exemple: le ministère de la paix n''a pas autre bout que s''occuper au maintien des guerres, qui sont continues et sans arrêt.
La guerre est utile, en effet, parce qu''elle permet de maintenir engagé les gens, et avec le fait qui l''histoire se réécrit chaque fois, permet même d''oublier le passé et rendre les menthes plus légères.
Le ministère de la vérité n''a pas autre bout que dérouler la propagande et censurer les opinions adverses au régime. Les dissidents sont capturés, et subissent le lavage du cerveau qui les transforme en esclaves obéissants de la doctrine politique
populaire.
Ce livre, à son apparaître, fut interprété comme un''ouverte critique du système soviétique, et donc il fut censuré en URSS. Mais dans les intentions de l''auteur il y avait bien d''autre.
Orwell entendait clairement attaquer l''idéologie libérale américaine, au-delà du communisme soviétique. Le
liberalisme exploite la tactique du "substitution des antytheses", et cela permet d''avoir toujours raison. Avec cela, la politique américaine est légitimée à amorcer des guerres sans arrêt, parce que juste elle apparaît la motivation de départ. Et ainsi, acceptée du point de vue de la pensée humaine, elle est même la soumission de peuple à un organe de pouvoir toujours plus vaste, auquel il n''échappe pas rien de la vie personnelle et individuel. Nous devons nous rappeller que sur Orwell il jouait une certaine influence un livre de théorie politique critique, de Bruno Rizzi :
La bureaucratisation du monde. Cette oeuvre, d''une socialiste italien esule à Londres, devait sembler à Orwell comme la préfiguration de la catastrophe du future humain, et c''est-à-dire le résultat de la conquête de l''entière vie humaine (et sociale, surtout) par main des idéologies politiques. Sur le genre des romans fanta-politiciens, 1984 est comparable en quelque mesure aux classique d''Aldous Huxley,
Nouveau monde courageux.
Intéressant il est aussi remarquer comme le terme "Grand frère", inventé par Orwell, soit ensuite accueilli et soit entré à faire partie de notre vie quotidienne.
Marzio Valdambrini