Exclue par certains dirigeants européens -au premier rang desquels le Premier ministre britannique Gordon Brown-, la participation du
président zimbabwéen Robert Mugabe au prochain
sommet Union européenne-Afrique relève pour l`Union africaine d`une affaire de principe.
"L`Union africaine (
UA) souhaite que tous les
pays africains participent. Ce n`
est pas aux Européens de dire qui doit participer ou pas. Il n`y a aucune division au sein de l`Union sur ça, aucune ambiguïté", a assuré vendredi à l`AFP un diplomate au siège de l`organisation à Addis Abeba, contredisant ainsi les propos de la veille du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
"L`Union africaine nous a proposé d`être l`agent intermédiaire et de voir comment ça pourrait se passer pour que M. Mugabe comprenne qu`il ne doit pas aller à cette invitation à Lisbonne", avait déclaré jeudi M. Kouchner devant l`Association de la presse diplomatique française (APDF).
Pour un membre de la Commission paix et sécurité de l`organisation panafricaine, "le Zimbabwe, malgré la crise, est un pays africain et nous défendons des principes. On a demandé à M. Mugabe de négocier avec son opposition, mais l`UA est basée sur le principe de non-ingérence dans les pays. Nous usons du devoir d`ingérence dans les cas extrêmes de violences, de génocide".
"Ce n`est pas le seul pays africain qui ne respecte pas la démocratie, regardez le Togo, le Niger... Le problème du Zimbabwe est surtout avec Londres, c`est du bilatéral, ça ne nous regarde pas. Si les Européens insistent sur ce point, le sommet risque de ne pas avoir lieu", a averti ce responsable.
Le sommet UE-Afrique doit avoir lieu en décembre à Lisbonne. Prévu à l`origine en avril 2003, il a été sans cesse reporté en raison du refus de plusieurs pays européens d`accueillir M. Mugabe, interdit de séjour dans l`UE en raison des violations des droits de l`homme par son régime.
M. Brown a renouvelé mercredi son opposition résolue à la présence du président Mugabe à ce sommet, où il a été invité par le Portugal.
"Sur ce dossier, la position de l`UA est claire et déterminée: tous les Etats membres doivent participer au sommet de Lisbonne. En tant que chef de l`Etat zimbabwéen, Robert Mugabe doit y prendre part", a réaffirmé vendredi à l`AFP sous couvert d`anonymat un haut responsable de l`organisation.
Jeudi, le président de la Commission de l`UA, Alpha Oumar Konaré, et le président en exercice de l`organisation, le Ghanéen John Kufuor, avaient déjà redit leur point de vue sans ambiguïté, à l`occasion de la visite au siège de l`UA de la chancelière allemande Angela Merkel.
"Nous souhaitons que la prochaine réunion Europe-Afrique soit une réussite et soit le signal d`un nouveau partenariat. Tous les Africains doivent y être invités, c`est la base de ce nouveau partenariat", a commenté M. Konaré.
Pour M. Kufuor, "tous les pays africains doivent être invités au sommet de Lisbonne sans condition", a-t-il dit rappelant une décision de l`UA.
Mme Merkel, répondant à ces remarques, a reconnu que "tous les pays africains doivent être invités, mais tous doivent également être préparés aux critiques".
Vendredi, la chancelière allemande a jugé que le Zimbabwe est dans une situation "désastreuse" mais que son président doit être libre de participer au sommet de Lisbonne.
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