La démission du Commissaire aux Brevets
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Publié le : février 15, 2006
La démission du Commissaire aux Brevets
La rumeur veut qu’au ⅩⅠⅩe siècle, une personne clé du Bureau des Brevets des
États-Unis aurait démissionné parce qu’il ne restait plus rien à inventer.
C’est un canular
La rumeur veut qu’un fonctionnaire du Bureau des Brevets
aurait démissionné et recommandé que ce dernier soit fermé au motif qu’il
pensait que tout ce qui pouvait être inventé l’avait été !
Bien que cette anecdote fasse gausser des prédictions qui ne se réalisent pas,
ce n’est rien d’autre qu’une légende. Les chercheurs n’ont trouvé aucune
preuve qu’un quelconque fonctionnaire ou employé du Bureau des Brevets
des États-Unis a jamais démissionné parce qu’il ne restait rien à inventer. On
peut chercher Un indice quant à l’origine de cette légende peut être à
chercher dans le rapport au Congrès de 1843 du commissaire au Bureau des
Brevets Henry Ellsworth. Il y déclare : “L’avancée des arts, d’une année à
l’autre, {taxes our credulity} et semble présager de l’arrivée d’une période où
l’amélioration humaine cessera.”. Mais le Commissaire Ellsworth ne faisait
qu’user d’une formule rhétorique pour mettre en valeur l’importante quantité
de brevets présentés dans la suite du rapport. Il souligna même les domaines
dans lesquels il espérait une augmentation du nombre de brevets.
Pris hors-contexte, de telles remarques se mettent à voler de leurs propres
ailes et ont été pérpétué par des publications dont les auteurs, au lieu de
vérifier les faits, se copient et se citent les uns les autres. Par exemple, une
publication récente attribue la citation “tout ce qui a été inventé…” à un
commissaire plus récent, Charles H. Duell, qui tenait le bureau en 1899.
Contrairement à Ellsworth, qui aurait pu être mal cité, il n’y a absolument
aucun fondement à cette supposée citation de Duell. Tout au contraire, le
rapport de Duell de 1899 signale-t-il une augmentation de près de 3000
brevets par rapport à l’année précédente, et près de soixante foix le nombre
de brevets accordés en 1837. De plus, Duell cite le message annuel du
président McKinley déclarant : “Notre progrès et notre prospérité future
dépendent de notre capacité à égaler, sinon à surpasser, les autres nations
dans l’élargissement et l’avancement de la science, de l’industrie et du
commerce. {To invention we must turn as one of the most powerful aids} à
l’obtention d’un tel résultat.” Duell ajoute : “Nos inventeurs ne se tournent-ils
pas plein d’espoirs vers le vingt-sixième Congrès en quête d’aide et
d’encouragements concrets en vue de l’amélioration du système de brevets
américain ?” Ce ne sont pas vraiment les mots de quelqu’un qui pense que
tout a été inventé.
Inventive Thinking
Bibliographie :
• Journal of the Patent Office Society, Dr. Eber Jeffery, Juillet 1940
• A Patently False Patent Myth, Samuel Sassl, Skeptical Inquirer 13
(1989): 310-312