D'entrée de jeu, on pourrait toujours avancer l'hypothèse que le sens de la
vie est une notion abstraite inventée par l'homme pour l'aider à assumer son existence. Comme de nombreuses personnes l'ont déjà
fait avant moi, après maintes réflexions sur le sens de l'existence, j'arrive à cette conclusion que la vie est absurde,
qu'elle n'a pas vraiment de sens et qu'elle ne vaut peut-être pas la peine d'être vécue. Par conséquent j'ai le choix de l'accepter telle qu'elle est, de l'assumer, ou encore de la rejeter. Mais comme je n'ai pas assez de courage ou de logique pour mettre fin à mes jours, qu'est-ce que je fais? Je ne peux tout de même pas brailler sur mon sort jusqu'à la fin de mes jours! Alors il me faut trouver une alternative, une solution, en supposant bien sûr qu'une telle solution puisse exister.
Pour combler ce vide existentiel qui n'est pas des plus sécurisant j'en conviens, je pourrais toujours me réfugier dans la spiritualité religieuse pour y puiser quelques éléments qui pourraient donner du sens à ma vie. Mais ça ne m'intéresse pas vraiment, car j'ai déjà goûté à cette médecine de sorciers qui ne fait qu'entretenir les illusions et les faux espoirs. Alors peut-être pourrais-je m'élever au niveau du scientiste et m'identifier à une parcelle d'énergie universelle indispensable à l'évolution du grand mouvement de l'univers? Cette alternative ne pourrait être soutenue bien longtemps puisqu'elle fléchirait sous le poids du libre examen, c'est-à-dire de ma pensée rationnelle ou de mon esprit critique qui remet tout en question, y compris mes propres convictions personnelles.
En fait, je me considère comme étant un sceptique qui s'accorde le bénéfice du doute. Le véritable bénéfice que j'ai pu retirer de ce doute est nul autre que la reconnaissance d'une heureuse relativité des choses et du monde. Et c'est à travers cette universelle relativité que j'ai pu assumer le mieux possible ce doute perpétuel qui m'accompagne dans toutes mes réflexions. Le relatif n'est pas pour moi quelque chose de vertigineux qui s'apparente au nihilisme. Au contraire, l'aspect relatif des choses m'incite à approfondir davantage ma pensée et à puiser à travers ce doute systématique des éléments stables et rassurants de "vérité" ou de "réalité" qui font directement référence à mes sentiments, mes connaissances et mon vécu. Tout en reconnaissant que, pour quelqu'un d'autre, une dimension de la réalité puisse être autrement.
Comme c'est bizarre, même si je trouve la vie quelque peu absurde, je me perçois toutefois comme un homme relativement heureux, et qui a le goût de mordre dans la vie. Il existe donc en moi une force vitale qui me pousse à continuer. Mais quelle est cette puissance qui fait que, même si je considère absurde le fait d'exister, j'ai toujours le désir de poursuivre l'aventure? À mon avis, l'explication la plus pertinente ne peut être que l'instinct de conservation propre à toute espèce. Et si cet instinct de survie n'existait pas, je ne serais certes pas là pour en témoigner, ni vous non plus pour me lire présentement. Mais cet instinct de survie ne peut, à lui seul, générer ce que nous pourrions considérer comme étant des éléments qui pourraient vraiment donner sens à notre vie.
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