Charia, hadiths et Coran
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Publié le : novembre 01, 2006
Au huitième, soit deux siècles après la mort du prophète, l'imâm Mâlik Ibn Anas rassembla un ensemble de «hadiths» classés par lui selon des questions de jurisprudence posées à l’époque et traitées selon son avis personnel. Les hadiths sont les récits des paroles ou des actes exemplaires de Mohamed rapportés par des fidèles, parfois très longtemps après sa mort, (donc par une succession de témoins dans le temps dont parfois l’origine se perd) et non, comme le Coran, la parole divine elle-même: on peut en recenser une infinité et beaucoup sont suspects. Le calife Ar Rachid proposa de faire du recueil de Ibn Anas la référence unique. Mais celui-ci refusa: cela n'est pas possibledit-il, car les compagnons du prophète se sont dispersés après sa mort et ils ont tous rapporté ses hadiths. Les gens de chaque ville connaissent donc des hadiths différents… et (sous entendu) les miens ne valent pas plus que ceux des autres…» Un bel exemple de tolérance et de relativisme… qui ne fut pas suivi. Car la codification relative de la charia (la voie) eut bel et bien lieu, mais plus tard, avec la formation progressive des différents recueils de hadiths, selon plusieurs écoles. Des califes, souvent selon leur intérêt politique, en ont privilégié certains en nommant des juges appartenant à telle école qui leur était affidée. Comme cela se trouve… L’ossature de la charia (voie) classe les actes humains en plusieurs catégories: il y a ce qui est obligatoire, (le respect des piliers de l’islam); ce qui est seulement recommandé, (le mariage); ce qui est indifférent; ce qui est blâmable mais non interdit (le célibat ou le divorce); ce qui est interdit (les délits pénaux, vol, meurtre, etc) ou les tabous alimentaires (porc, alcool, etc.) La fatwaest un avis consultatif, une interprétation parmi les possibles du droit musulman, par une autorité religieuse individuelle et pour un cas particulier, donnée à quelqu’un au sujet d’une situation problématique spécifique, un cas de conscience en quelque sorte. Il n'y a pas d'autorité suprême dans islam: donc elle ne concerne qu’une situation, une période, un lieu et une personne déterminés, et pourra être confirmée, révisée, ou annulée ou même, dès son édit, rejetée, comme celle qui visait Rushdie, par de nombreux musulmans.»