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Stratégies de communication du scientifique francophone

par : AssiaDemil    

Auteur(s): Zou.Demil
Quelles sont les stratégies de commmunication auxquelles les pysiciens francophones ont recours?
Interrogés sur les
étapes successives suivies lors de la rédaction d'un article, les chercheurs, en majorité ne suivent pas l'ordre conventionnel de l'article de recherche, c.a.d. commencer par l'introduction puis la section "matériel et méthodes" suivie de la partie "résultats" pour terminer par la discussion et la conclusion. Nombreux sont ceux qui commencent par écrire les résultats théoriques et expérimentaux en premier lieu, car selon eux, c'est la partie qui nécessite le moins de littérature, puis la section "matériel et méthodes" qui est la plus stéréotypée, et par conséquent accessible. Il font, par la suite, le va et vient entre ces deux parties pour rédiger la section "discussion", qui semble poser de petits problèmes de compréhension à quelques physiciens, car selon eux, c'est la section où l'auteur justifie et commente les résultats de ses travaux de recherche dans un anglais, en grande partie « non scientifique"et terminent par
l'introduction qui leur pose le plus de problèmes. L'un des maîtres de conférences interviewé explique qu'il lui était difficile de trouver les mots, les structures adéquates pour assurer une suite logique d'idées avant d'aboutir au sujet.
Questionnés sur leur façon de rédiger, un professeur explique que sa stratégie consistait à "calquer" le contenu de son texte sur un modèle d'article accepté par le comité de lecture de la revue choisie. Il a par ailleurs affirmé avoir appris une série de structures, de phrases toutes faites auxquelles il a recours lors de la rédaction de chacun de ses articles.
Un des maître de conférences affirme que la tactique qu'il avait adoptée à ses débuts consistait à lire plusieurs articles et rassembler les formulations grammaticales susceptibles de correspondre à ce qu'il voulait exposer, et par la suite effectuer les opérations utilisées dans les traitements de texte,le "copIer - coller".
A la question sur les difficultés auxquelles les physiciens se trouvent confrontés lors de la rédaction, les constructions grammaticales constituent un problème majeur.
A la question sur les difficultés liées au vocabulaire, la majorité des chercheurs mentionnent le
vocabulaire général et non le vocabulaire spécifique. Ceci est fort compréhensible du fait que le vocabulaire spécifique ne représente qu'un faible pourcentage de la totalité du vocabulaire utilisé dans l'article. Michel Perrin (1) a d'ailleurs positionné cette catégorie de lexique qu'il appelle " topic specific" au niveau supérieur de sa pyramide lexicale "the LSP lexical pyramid".
A la question liée à l'acceptation ou le refus de l'article par les revues anglo-saxonnes, la réponse est unanime: En physique, les refus ne sont jamais d'ordre linguistique. Cependant, de profondes corrections liées à la langue doivent y être apportées avant l'acceptation définitive de l'article. Ceci ralentit sensiblement le transfert des informations et justifie le sentiment de frustration exprimé par tant d'auteurs français.
Ce passage de l'anglais spécifique à l'anglais général permettra au chercheur de réaliser que l'anglais général tout autant que l’anglais de spécialité exprime des relations de cause à effet, de logique, de conséquence, de comparaison, et que si certaines formes, structures sont privilégiées par le physicien, c'est parce qu'elles sont requises par la discipline elle-même et qu’il serait fort utile de les maîtriser.
(1) Michel Perrin, Président du GERAS et Directeur du D.E.A. de spécialité à l’Université de Bordeaux
Publié le : janvier 25, 2009
Veuillez noter ce résumé : 1 2 3 4 5

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