L’ACCIDENT :
CONTINGENCE OU DETERMINISME !
Un accident mortel de voiture a lieu en ville tuant dans la journée du
jeudi deux automobilistes Jules et Valentin.
Un philosophe de l’école classique soutient qu’il existe dans l’optique déterministe une pertinente explication de la réalisation de cet accident.
Cependant nous ne pouvions nous empêcher de demander pourquoi parmi le million d’automobilistes que compte la ville il s’est fait que ce soit Jules et Valentin qui se sont accidentés et tués plutôt que deux n’importe quels autres automobilistes, ou alors pourquoi ce fut un jeudi plutôt qu’un mardi, ou un dimanche ou un lundi. Pourquoi il ne pouvait en être autrement ?
L’humilité et l’honnêteté intellectuelles ne nous demandent-elles pas de fuir cette facilité humaine à vouloir tout de suite donner des affirmations gratuites du genre : c’est le destin, c’est la fatalité, c’est Dieu ? Ne nous demandent-elles pas alors de ne rien faire que constater là que c’est Jules et Valentin qui se sont accidentés et tués ce jour de jeudi tout simplement ? Alors ne serait-ce pas là l’expression flagrante de la
contingence ? Nous demandons-nous ! Dès lors pourrait-on encore prétendre que l’accident relève du
déterminisme ?
Par ailleurs en constatant tout simplement Jules et Valentins comme étant là par contingence, alors ne serait-ce pas là la première étape ou le point de départ du processus de cet accident qui est ainsi pris comme étant contingent ? Or si la première étape est prise pour contingente, alors ne serait-ce pas tout le processus accidentel qui est alors contingent dans chacun de ses « segments », car pourquoi chaque élément ou étape de l’accident ne pouvait-il en être autrement ?
Bef, en fin de notre entretien notre interlocuteur déterministe, quelque peu perplexe, et cherchant une issue pour s’en sortir, trouve, pour conclure et nous ne savions par quel génie, l’idée selon laquelle tout apparaît ou se réalise par contingence, mais s’explique en doublure par le déterminisme pour les besoins de connaissance et de langage.
Et nous de faire remarquer que cela n’empêche pas que le déterminisme demeure ainsi toujours un « phénomène » purement relatif à la condition humaine de lire la réalité des choses et du monde.
Seulement l’homme aurait dû comprendre honnêtement que son déterminisme est quelque chose d’ « artificiel » qu’il n’avait le droit d’ériger en « loi » absolue.
Au finish l’on peut retenir qu’il est à reconnaître que l’idée de contingence et d’interaction ne peut aucunement cohabiter avec l’idéologie déterministe