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Lysis

par : eugennie    

Auteur(s): Platon
De jeunes adolescents interpellent Socrate : qu’est ce que l’amour, comment doit-on conquérir celui que nous aimons et obtenir
de lui qu’il nous aime en retour ? Tel est le sujet du Lysis.
Pris en sa surface, le Lysis frappe par le déséquilibre de ses parties. Le préambule du dialogue est étrangement long, il court de 203 a à 207 b et constitue donc le cinquième de l’ensemble du texte qui s’étend jusqu’en 223 b. Socrate y raconte par le détail comment il fût entraîné dans la palestre nouvellement ouverte. Il se complait à souligner le comportement amoureux risible d’Hippothalès, puis ne tait rien du spectacle qui l’accueille à son entrée dans la palestre. Un premier échange, sensiblement aussi long que le préambule (207c-211d), s’engage alors entre Socrate et Lysis. Il porte sur l’amour des parents pour les enfants. Le retour de Ménéxène, sorti pour accomplir un rituel religieux, marque le commencement de l’enquête sur la nature de l’ amitié. La discussion s’engage enfin et porte d’abord sur trois hypothèses récusées les unes après les autres. Lysis reprend ensuite le rôle de l’interlocuteur privilégié. Le nouvel examen portera sur ce que disent les poètes : faut-il penser avec Homère que le semblable est ami du semblable ? Ou avec Hésiode, que c’est le contraire qui est ami de son contraire ? En 216a, Ménéxène reprend la parole à Lysis, pour conclure avec Socrate à l’impossibilité de ces deux hypothèses. Un vieux proverbe et une sorte d’inspiration divinatrice relancent le dialogue. La nouvelle hypothèse en examen énonce que " ce qui est ni bon ni mauvais est ami du beau et du bien à cause de la présence de quelque mal ". Socrate développe l’idée, mais l’euphorie est brève puisque lui succède sans transition la remise en cause du résultat et au terme de trois pages d’analyse, l’hypothèse n’apparaît plus que comme un vain bavardage. Une dernière solution est envisagée, que l’amitié soit convenance. C’est elle que Socrate s’apprête à examiner quand surgissent deux esclaves qui l’empêcheront de mener à bien ce projet. Le Lysis semble donc se terminer sur un échec.
Sur le fond, qu’est-ce donc au juste que l’amour ? A cette question amoureuse, érotique, Socrate donne une réponse quelque peu détourné : il faut s’enquérir préalablement de la définition de l’amitié. Si le Lysis est bien le premier traité philosophique qui consacre fermement l’importance éthique de l’amitié, il est aussi celui qui paraît priver la relation amicale de son autonomie et de son intimité. Loin d’être seulement une relation d’affection réciproque, libre de tout calcul d’intérêt, l’amitié selon Platon est un désir non réciproque et intéressé. C’est qu’il y a dans l’aimé quelque chose que l’on désire pour soi, quelque chose que l’on souhaite s’approprier et qui nous pousse vers lui : le bien. Mais le Lysis reste sur une réponse équivoque, le problème n’étant pas totalement résolu.
Publié le : avril 10, 2006
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