Les
Méditations métaphysiques (ou
Méditations sur la philosophie première) est l''œuvre philosophique
majeure de René Descartes. Du point de vue de l''histoire de la
philosophie, elles constitue l''une des expressions les plus influentes du rationalisme classique.
Ces
méditations sont une expérience philosophique. L''usage du terme « méditation », peu courant en philosophie, ne s''est pas fait par hasard : il s''agit d''une introspection, il s''agit de narrer le cheminement d''une réflexion plutôt que d''exposer un traité qui constituerait un ensemble de raisonnements déductifs. Un philosophe nous présente son expérience, il nous appartient de refaire la même, et non pas seulement de lire l''œuvre comme un simple manuel.
Le but de cette réflexion est de trouver des fondements solides à la connaissance. Qu''est-ce qui me permet de croire que je connais des vérités? La première étape consistera à rejeter tout ce qui est douteux. La conséquence de cela sera que tout se trouvera rejeté. S''ensuit la reconstruction de la connaissance, sur la base de la certitude. On découvrira comme première certitude notre propre existence, puis celle de Dieu, puis celle des essences et enfin celle des existences.
Il s''agit donc dans cette œuvre de balayer les anciens préjugés et de repartir sur des choses certaines, pour lesquelles le doute n''est plus possible.
Contexte historique
On ne peut comprendre les
Méditations sur la philosophie première qu''en les restituant dans leur contexte historique.
En 1633, Galilée a été condamné par l''Inquisition pour son ouvrage
dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo (dialogue sur les deux grands systèmes du monde), dans lequel il faisait dialoguer un partisan du géocentrisme (un "aristotélicien") et un partisan de l''héliocentrisme.
Vers novembre 1633, Descartes est informé de la condamnation de Galilée, et il reçoit en 1634, de son ami Beeckman, un exemplaire du dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Descartes pense que Galilée a manqué de méthode pour défendre la nouvelle représentation du monde. Il décide donc de se lancer dans un projet philosophique destiné à montrer que la philosophie soutenue par les autorités en place, la scolastique, est inapte à décrire le monde tel que le conçoit la science nouvelle.
Descartes considère que la métaphysique décrite par la scolastique à partir de la philosophie première d''Aristote (dans laquelle la terre est au centre de l''univers) n''est plus valable, d''où le nom de
Méditations sur la philosophie première. Il faut donc définir une nouvelle métaphysique pour fonder les sciences nouvelles.
Genèse de l''œuvre
La première édition (latine) parut en 1641, sous le titre de
Meditationes de Prima Philosophia, in quibus Dei existentia et animae humanae immortalitas demonstrantur (
Méditations sur la philosophie première, dans lesquelles sont démontrées l''existence de Dieu et l''immortalité de l''âme). Une version française, rédigée par Louis Charles d''Albert de Luynes sous la supervision de Descartes parut en 1647.
Cette œuvre, conduite à la première personne, décrit un parcours de réflexion que le lecteur est invité à suivre à son tour. Il se divise en six étapes ou
méditations, chacune étant consacrée au traitement d''un ensemble particulier de problèmes. L''emploi du terme de "méditation" et le choix de ce mode de composition distinguent les
Méditations d''un simple traité philosophique. Descartes, qui fut instruit chez les Jésuites au Collège de la Flêche, a vraisemblablement emprunté cette méthodologie aux
Exercices Spirituels d''Ignace de Loyola, dont les divisions marquent de manière analogue les
étapes successives du travail de conversion.
Les
Méditations restent conformes aux grandes articulations conceptuelles de la Métaphysique, telles ans ses
Disputationes Metaphysicae : Descartes, comme ses prédécesseurs, s''interroge ici sur la nature de l''âme et sur son immortalité, propose de nouvelles démonstrations de l''existence de Dieu, et s''efforce de déterminer l''essence commune des objets matériels. Mais l''œuvre est également porteuse d''exigences et de problèmes nouveaux, dont les prolongements sont facilement repérables dans les œuvres de Malebranche, Spinoza et Leibniz. Tout d''abord, les
Méditations donnent sa pleine mesure au rationalisme déductif, d''inspiration mathématique, qu''avaient théorisée le
Discours de la Méthode et les
Règles pour la Direction de l''Esprit. Dès les premières pages, Descartes se donne pour objectif la détermination des
fondements sur lesquels doit reposer l''édifice de nos connaissances. Ces fondements ou principes sont les vérités ultimes - elles ne doivent pas être connues par inférence - dont doivent dépendre toutes les autres, notamment celles qu''établissent les sciences. Descartes est ainsi conduit, dans la Première Méditation, à mettre ses croyances à l''épreuve du doute jusqu''à ce que sa quête de certitude absolue aboutisse, au début de la Méditation suivante, à la formulation de la certitude de son existence. Ce résultat philosophique, qui accorde de nouveaux droits théoriques au critère de la certitude, a souvent été interprété comme l''irruption du sujet "moderne" au cœur du discours philosophique. En effet, la subjectivité n''est plus ici simplement comprise comme obstacle à la connaissance : le sujet pensant qui emprunte le chemin du doute cartésien est amené à découvrir
en lui-même, par ses propres forces (et non à la faveur d''une révélation venue du dehors), le fondement de toute vérité.
Le plan des
Méditations :
Première méditation :
Des choses que l''on peut révoquer en doute.
Méditation seconde :
De la nature de l''esprit humain ; et qu''il est plus aisé à connaître que le corps.
Méditation troisième :
De Dieu ; qu''il existe.
Méditation quatrième :
Du vrai et du faux.
Méditation cinquième :
De l''essence des choses matérielles ; et, derechef de Dieu, qu''il existe.
Méditation sixième :
De l''existence des choses matérielles ; et de la réelle distinction entre l''âme et le corps de l''homme.
L''ouvrage comporte en outre sept ensembles d''
objections adressées à Descartes par divers philosophes et théologiens contemporains (parmi lesquels figurent Thomas Hobbes, Antoine Arnauld et Pierre Gassendi) auxquelles sont jointes les
réponses de l''auteur.
Les six Méditations
Méditation Première : Des choses que l''on peut révoquer en doute
les préjugés de l''enfance
Cette première méditation est ce qu''on à appelé la table rase. Il s''agit de rejeter tout ce qui est douteux. Descartes commence à remarquer que beaucoup de ses certitudes lui viennent de l''enfance. Or l''enfance est un âge où la raison est mal formée. Descartes veut une connaissance certaine, et non des idées vagues et des préjugés.
les arguments en faveur du doute
Il en vient à rejeter toute chose conformément à trois arguments :
arguments des sens trompeurs : mes sens me trompent parfois. Nous ne pouvons donc jamais être sûrs du moment où ils nous trompent et du moment où ils sont fiables.
argument du rêve : lorsque je rêve, les choses me paraissent aussi réelles que lorsque je suis éveillé. Il se peut donc que quelque chose qui me paraissent réel soit en fait une illusion.
argument du malin-génie : il est tout à fait concevable que mes certitudes les plus établies soient en fait un mauvais tour joué par un être tout puissant qui aurait décidé de me tromper.
ordre de la vie et ordre de la connaissance
Dans cette méditation, i