De dieu
Tout d’abord, Spinoza définit certains termes :
Cause de soi : « ce dont l’essence enveloppe
l’existence ».
Une chose finie dans son genre : quand elle « peut être bornée par une chose de même
nature ».
Substance : « ce qui est en soi et ce conçoit par soi ».
Attribut : « ce que l’intellect perçoit d’une substance comme constituant son essence ».
Manière : « les affections d’une substance ».
Dieu : « un étant absolument infini, c'est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie ».
La chose libre : « qui existe par la seule nécessité de sa nature ».
Eternité : « l’existence même, en tant qu’on la conçoit suivre nécessairement de la seule définition d’une chose éternelle »
Après avoir donner quelques définitions, il présente les axiomes qui vont permettre d’élaborer ses propositions. En effet, il va démontrer chacune des propositions qu’il avance comme un système logique ou devrions nous dire selon « l’ordre géométrique ». C’est ainsi, par exemple, qu’à partir des définitions de la substance de la manière il en déduit que « la substance est antérieure de nature à ses affections ». Spinoza va énoncer 37 propositions.
L’appendice nous semble constituer une espèce de conclusion. Que pouvons nous tirer de toutes ses affirmations ? Dans ce texte, Spinoza entreprend de dénoncer quelques préjugés, qui selon lui, reposent tous sur celui-ci : les hommes croient que toutes les choses, y compris Dieu, agissent comme eux en vue d’une fin. Spinoza dénonce ici la causalité finale.
1. Pourquoi les hommes se reposent-ils sur ce préjugé ?
Le hommes sont ignorants des causes parce qu’ils se croient libres (parce qu’ils ont conscience de leurs désirs, mais ils ignorent les causes qui les disposent à désirer) et parce qu’ils agissent à cause d’une fin. De ces faits, les hommes cherchent toujours la cause finale et considèrent tous les étants hors d’eux même comme des moyens (disposés pour eux). De ce fait découle de la superstition, qui est le premier genre de connaissance. Chaque homme honore Dieu pour être chéri par lui en retour. Il dénonce également l’anthropomorphisme. Pour sortir des préjugés, de ce premier mode de connaissance, il faut les mathématiques. Celles-ci ne s’occupent pas des fins, mais des essences des substances.
2. Preuve de la fausseté de tous ces préjugés.
Il y a une nécessite éternelle et suprême dans la nature. La causalité finale renverse la nature, puisqu’elle ce qui est une cause comme un effet et vice versa. Elle rend ce qui est le plus parfait imparfait. En effet, dans la production divine, plus on est proche de Dieu, plus on est parfait. Alors que si l’on construit le raisonnement sur la causalité, ce serait les dernières choses qui seraient les plus parfaites, puisqu’elles seraient la finalité de la création. De plus, cette doctrine suppose l’imperfection de Dieu. Si celui-ci aspire à une fin, c’est que quelque chose lui manque.
3. Les préjugés relatifs au bien, au mal, etc.
Les hommes se sont crées des notions pour expliquer la nature des choses (le bien, le mal, l’ordre, etc.). C’est, par exemple, par imagination, que nous imaginons qu’il y a de l’ordre dans les choses. Toutes ces notions, qui proviennent de l’imagination, l’homme les considère par rapport à lui. Ainsi, tout ce que croit connaître l’homme vulgaire, n’indique en rien la nature des choses, mais bien l’état de l’imagination.