Le labyribthe égyptien (égyptologie)
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Publié le : mars 11, 2006
LABYRINTHE EGYPTIEN
Ces formes ont toujours porté avec elles un mystère, et ont troublé l’imaginaire des peuples en tout temps et en tout lieu. Ainsi on dénombre des centaines de reproductions labyrinthiques soit dessinées sur des poteries, soit teintes sur des textiles comme en Inde ou au Mexique ; ou, plus proche de nous, sur le pavement de nos églises médiévales.
Nous comptons également des constructions plus « solides » de ces représentations ; notamment en Russie et en Finlande où ont été dénombrés plus de 300 ouvrages dit labyrinthiques, assemblages de pierres ou de galets suivant une forme concentrique, datant d’époques reculées de notre histoire (aux alentours de -6000 à -4000 avant notre ère).
Plus proche de notre culture il subsiste ce mythe de Thésée tuant le Minautore dans le fameux labyrinthe construit par Dédale, et que la légende placerait en Crète et daterait aux environs de 1700 avant notre ère. Malheureusement, aucun vestige ne vient corroborer ce mythe.
L’Egypte n’échappe pas à la règle et on peut rappeler d’emblée que des motifs labyrinthiques figurent dans l’iconographie des sceaux de la vallée du Nil, dès l’Ancien Empire (3ème millénaire avant notre ère). On peut également mentionner le hiéroglypheou même le « jeu de méhen » ancêtre du jeu de l’oie, très prisé sous l’Ancien Empire.
Mais, c’est le roi Amenemhat III, au Moyen Empire, qui nous apporte Le Labyrinthe Egyptien.
Durant son règne long de 45 ans (-1842 à -1797), le souverain se fit bâtir deux pyramides, une à Daschour et une à Haouara, en briques crues recouvertes de calcaire. C’est au pied de celle-ci que le souverain fit ériger cet exemple remarquable d’architecture qu’Hérodote appellera « labyrinthe ».
Car, c’est encore à ce père de l’Histoire que nous devons les premières constatations sur le site. Il décrit cet édifice de manière très détaillée, en y dénombrant près de trois milles pièces réparties sur deux niveaux dont un souterrain. Il mentionne le fait que cet édifice est bien une tombe dévolue à 12 rois distincts.
Cette construction l’interpellera au point qu’il déclarera : « J’ai constaté de mes yeux que cet ouvrage dépasse tout ce qu’on peut en dire <…> le labyrinthe est encore supérieur aux pyramides ». On peut aisément imaginer l’émerveillement d’Hérodote devant une construction suffisamment vaste, près de 28000m2, pour y englober sans peine la grande cour de Karnak et tous les temples qui y sont reliés ; le temple de Mout, celui de Khonsou et celui d’Aménophis III ; avec le temple de Louxor, il y aurait encore la place pour y englober tout le Ramésséum.
Malheureusement il ne reste que peu de vestiges de cette fantastique construction et les auteurs anciens sont notre seule source.
Quatre siècles après les écrits d’Hérodote, c’est Diodore de Sicile qui décrira ce labyrinthe comme étant un tombeau mais l’attribuant, quant à lui, au roi Mendès. Il dira de ce temple : « celui qui y entre ne peut facilement trouver son chemin, s’il ne rencontre quelque guide parfaitement expérimenté. »
Strabon, en 25 avant notre ère, décrit le labyrinthe comme étant un bâtiment administratif divisé en autant de salles que l’Egypte comptait de nomes. Il compare surtout cet ensemble au célèbre Osiréon de Séti 1er à Abydos.
Pline l’Ancien (23 – 79 de notre ère) rapporte que cet édifice est bien un tombeau et certainement celui du roi Moéris. Il apporte aussi certaines précisions quand à l’organisation interne, en détaillant le plan d’ensemble et en y dénombrant les 21 « prefecturae », représentant les nomes du pays, ainsi qu’une chapelle consacrée à chaque dieu égyptien. Au dire d’Apion un Alexandrin du 1er siècle de notre ère on pouvait y voir une statue de Sérapis, haute de près de 4m de haut.