Le lac MOERIS (égyptologie)
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Publié le : mars 11, 2006
LE LAC MOERIS
Au début de la XIIème dynastie, l’oasis du FAYOUM, la plus proche de la vallée du Nil, devait être en grande partie recouverte d’eau. La région était en effet appelée le « Pays du Lac », et était arrosée par un bras du fleuve, dit « de Joseph » (Bar Youssouf).
Ce pays du lac avait pour capitale SHEDIT, nommée plus tard CROCODILOPOLIS et baptisée aujourd’hui MEDINET EL FAYOUM.
Les auteurs grecs et latins (Hérodote, Strabon, Diodore de Sicile et Pline l’Ancien) nous décrivent l’endroit comme un vrai paradis terrestre. Les Grecs l’appelaient MOIRIOS LIMNE (Le Lac Moeris, tiré du nom égyptien Mer Our).
Le roi, identifié par les Grecs sous le nom de Moéris, avait fait creusé un bassin permettant de recueillir, durant les période de crues, l’excédent d’eau que l’on faisait, à volonté, monter ou descendre à l’aide d’écluses disposées le long d’un canal.
Selon Hérodote, il était indéniable qu’il s’agissait d’un lac artificiel, au vu des deux pyramides qui s’élevaient en son milieu, surmontées de figures colossales assises sur un trône.
Mais le nom de ce roi, et de fait celui du lac, a toujours intrigué les égyptologues et, grâce aux fouilles de Pétrie et aux théories de Gardiner, que nous comprenons mieux désormais l’étymologie de ce terme de Moeris.
C’est au Nouvel Empire, à l’époque ramesside, que remonte la dénomination de Mer Our ayant servi de modèle à la version grecque du toponyme. Il reste à savoir d’où vient la légende de ce roi.
A la fin du siècle dernier, certaines hypothèses furent émises, expliquant qu’un roi nommé Poremanrès, honoré aux époques ptolémaïque et romaine, correspondrait en fait à la divinisation du roi Amenemhat III.
Or, les variantes Lamarès ou Marrès ne sont que les différentes formes sous lesquelles les Grecs transcrivaient le prénom du pharaon : NIMAATRE.
Après les recherches menées au début du XXème siècle, cette conclusion peut être définitivement admise. Il est donc permis de penser qu’il y eut une interférence entre le prénom du souverain, dont la renommée était devenue éternelle, et le toponyme qui avait donné son nom au lac.
Dans le nom Moéris se confondaient la figure du roi, que l’on considérait comme le constructeur du bassin, et le nom du lac, qu’il semblait lui avoir lui-même attribué. Du reste, l’Antiquité rapportait unanimement à Amenemhat III la réalisation d’un projet de régulation des eaux du Fayoum, et de lointains descendants lui vouèrent un culte aussi important accordé aux grandes divinités locales.
Frappé de l’intérêt que représentait le Fayoum, ce souverain avait été l’un des premiers à établir sa résidence à l’orée de la région.
JA