La matériaux de construction dans l'ancienne Egypte (2)
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Publié le : mars 11, 2006
LES MATERIAUX DE CONSTRUCTION DANS L’ANCIENNE EGYPTE (2)
les temples et les tombes
Pour construire le noyau des trois grandes pyramides de Gizeh, les Egyptiens ont utilisé des dépôts calcaires qui parsemaient le désert libyque et les environs du Caire. Il s’agissait en fait de calcaire fossilifère formé de coquilles d’animaux que la mer avait déposées lors d’incursions très anciennes. Enfin, une importante activité volcanique avait laissé, en divers points du pays, des coulées d’une roche basaltique compacte et noire, qui fut surtout utilisée, sous l’Ancien Empire, comme matériau de pavement des sols. Les principales carrières se trouvaient près du lac Karoun, un peu au sud de Gizeh.
La désintégration de l’ancienne couche rocheuse et l’apparition de calcium ont contribué à la formation de strates plus récentes qui affleurent dans la vallée du Nil, uniquement sur sa rive orientale et qui s’étendent à l’ouest, comme un plateau, dans le désert libyque. On y trouve des calcaires dans une zone qui va du Caire à Esna, et des grès qui s’allongent depuis Esna jusqu’à l’Ouadi Halfa, avec pour seule interruption les 70 kilomètres qui séparent Assouan de Kalabchah, où émergent des granites. Le plus beau calcaire était extrait des carrières de Tourah, sur la rive orientale du Nil, à proximité du Caire. De ces carrières exploitées méthodiquement, les Egyptiens extrayaient des pierres destinées essentiellement à la construction et au revêtement des pyramides et des mastabas de la nécropole memphite
.
Mais depuis la 18ème dynastie, c’est le grès, déjà utilisé dans les dallages et pavages depuis le Prédynastique, que l’on trouve de manière abondante au sud d’Edfou, dans les carrières du Gebel Silsileh ; il est utilisé dans le gros œuvre des temples, en remplacement du calcaire.
Lorsque la capitale fut transférée à Thèbes, ce sont les carrières de Gebelein qui furent exploitées ; mais, devant la demande croissante de matériaux, ils eurent recours à des roches argileuses, plus friables et d’un aspect moins agréable que le calcaire.
Du substrat archaïque, formé de ces roches très dures à forte proportion de silice, qui compose la chaîne arabique, les Egyptiens extrayait un magnifique granite rouge et gris foncé. Les carrières les plus importantes se trouvaient précisément à Assouan, où l’on pouvait extraire la pierre à ciel ouvert
Sans avoir besoin de creuser en profondeur. De ce granite gris foncé ou rouge, les artisans produisaient des colonnes, des piliers ou des obélisques.
L’albâtre, issu des carrières d’Hatnoub près de Tel El-Amarna, était également utilisé dès le Prédynastique pour des travaux de pavage ainsi que pour le revêtement des parois et des sanctuaires.
Simbel, car c’est sous cette forme que se trouve l’or exploité à cette époque ainsi que les améthystes qui sont en fait du quartz violet.
L’obsidienne sera utilisée dès le Prédynastique pour la fabrication de têtes de lances et de couteaux mais aussi en confection d’amulettes, de scarabées ou encore de petits vases ainsi que pour les pupilles des yeux desla statuaire, les outils et les bijoux
Alors que le gros œuvre des édifices égyptiens utilise les matériaux que nous avons cités plus haut, (calcaire, grès, granite et albâtre), nous constatons que pour les revêtements des murs ou pour la fabrication d’objets de tailles plus réduites, le matériel minéral n’a cessé de s’amplifier au fur et à mesure des siècles.
Utilisé dès le paléolithique jusqu’au Moyen Empire, les outils, armes et bijoux en silex (en fait une variété de quartz de couleur gris sombre) pulluleront en Egypte ; le cristal de roche sera surtout utilisé à l’Ancien Empire pour le cristallin des yeux des statues.
Le quartz sera exploité très tôt dans les gisements situés Ouadi El Houdi et dans la région d’Abou statues. Cette pierre devait surtout provenir de gisements d’Abyssinie et du Soudan mais aussi, au Nouvel Empire, des îles de Méditerranée et notamment des îles grecques.
Connu sous le nom de quartzite, le grès silicifié, servait dès le paléolithique à fabriquer des outils que l’on nomme bifaces et des têtes de massues. Sa couleur et son usage varieront en fonction de son grain, plus ou moins fin, et de sa dureté ; comme seuil de porte, sarcophage ou statue, il est présent partout en Nubie, mais aussi dans le Gebel Ahmar près du Caire.
Le bois fossilisé, dont le composant principal est la silice, sert de marteau et de broyeur dès le Néolithique. Au Nouvel Empire, on en sculptera des statuettes.