C'est par décrison
qu'un critique d'
art utilisa le premier, en 1874, le qulificatif "impressionniste" après avoir vu, dans une exposition d'un groupe d'artistesnouvellement formé, le tableau de Monet Impression, soleil levant . Les 165 oevres présentées ne connurent qu'un piètre succès, la plupart des visiteurs et critiques n'átant venus que pour se moquer. Certains insinuèrent avec ironie que ces
artistes avaient projetés au hasard de la peinture sur leurs toiles avant de les signer. D'autres comparèrent même les tableaux à du papier peint.
Le groupe heurtant
ainsi l'idée que le public se faisait de l'art comptait, parmi ses membres les plus célèbres, Monet, Renoir, sisley, Pissarro et Berthe Morisot, avec Manet comme mentor. Degas et Mary Cassatt étaient également proches de ses peintres, et Cézanne entretenait aussi des relations avec eux.
On peut se demander ce qui, à partir des années 1860, contribua à mûrir cette explosion d'aspirations et d'idées radicalement neuves dans le domaine de l'art.
Un des premiers facteurs de cette révolution tient au changement du mode de travail des artistes. D'abord, l'ancienne conception des arts plastiques, fondée sur la transmission de la compétence technique de maître à élève, avait depuis longtemps laissé la place á un enseignement académique imposant des conventions
parfois dénuées de sens et devenues rigides. De plus, les couleurs, autrefois broyés et mélangées par les apprentis, étaient désormais fabriquées industriellement et avaient donc changé de
composition. Les peintres furent ainsi amenés à délaisser certains aspects pratiques de leur art et à modifier leur manière de peindre.
L'invention de la photographie renouvela, elle aussi, les concepts artistiques. Il était désormais possible de réaliser au moyen d'un dispositif mécanique ce que la peinture s'efforcait auparavent de composer sur la toile. La photographie, en libérent l'atr de l'exigence de fidélité figurative, lui permit d'inventer de nouvelles manières de représenter le monde.
L'influence de l'estampe japonaise fut également déterminante. Dans le Japon des XVIIIe et XIXe siècles, des artistes comme Utamaro (1753-1806), Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858) avaient eux-mêmes courageusement rompu avec une tradition issue de l'art chinois et vieille de mille ans, pour commencer à représenter, dans leurs gravures sur bois, des scènes de la vie courante. Ces estampes vivement colorées défiaient toutes les lois de la composition et de la mise en page sur lesquelles était fondé l'art académique européen. Le mont Fuji, par exemple, était montré à travers l'ondulation d'une vague tel personnage était coupé par un paravent ou par le bord du papier. Dédaignées dans leur pays d'origine, ces estampes servaient parfois à emballer ou à rembourrer les ballots de marchandises expédiées du Japon vers l'Europe - le thé, par exemple. C'est ainsi, dit la légende, qu'elles parvinrent entre les mains d'artistes européens, leur révélant une vision totalement nouvelle de l'art.
Plus de résumés à propos de L'art de l'impressionnisme