Dans cet ouvrage, Umberto Eco tente de faire une vulgarisation des bases de la sémiotique (ou sémiologie). La sémiologie
est la science qui étudie les signes. Ne faut-il pas alors commencer par se demander ce qu’est un signe ? Par
langage, Ricœur admet « l’usage de signes qui ne sont pas des
choses, mais valent pour des choses »<1>. Nous voyons que c’est le cas de la peinture. Un dessin d’une pipe n’est pas une pipe, mais fait référence à une pipe.
L’homme cherche à communiquer et pour ce faire il a recourt à des signes. Le signe va lui permettre d’utiliser des abstractions, de parler de choses sans que cela ne nécessite leur présence. Il n’y a pas de société sans signe.<2> Au fil d’un apprentissage, l’utilisateur d’un langage apprend à donner sens à certains signes. L’enfant apprend par exemple à associer à certains sons certaines choses. Au son /pomme/, l’enfant associe le fruit sucré qu’il a déjà vu et peut être, s’il en a déjà mangé, il associera à ce son celui du goût de la pomme. Le langage permet la communication et pour se faire doit utiliser des signes, non pas nécessairement universels, mais du moins communs à un groupe donné. Le signe permet la compréhension à qui connaît le code. D’où l’importance du contexte qui impose ce code. Le code est en effet nécessaire à tout langage, à toute communication. Il est impossible que quelqu’un qui n’a pas appris le français ou, pire encore, qui ne sait pas lire puisse comprendre ce texte.
Pour illustrer cela, Eco va prendre un exemple pragmatique : Mr Sigma a mal au ventre et tente de trouver un médecin. Au départ il s’agit d’une simple douleur, et M. sigma cherche à contacter un médecin pour prendre rendez-vous : une expérience on ne peux plus commune. Mais pour effectuer cette activité si banale, il va devoir prendre un compte toute une série de signes et les interpréter correctement. Il doit tout d’abord utiliser un téléphone et pour se faire savoir où il a une chance d’en trouver. Ainsi quand il aperçoit l’enseigne « bar », il l’interprète de cette façon : Nous sommes en France, au sous-sol de ce bar il y a des toilettes et à coté un téléphone. Jusqu’à ce qu’il sorte de chez le médecin avec une ordonnance, il doit interpréter des signes, des signes qu’il a appris à connaître et auxquels il attribue une signification.
C’est l’homme qui, ici, introduit de l’arbitraire dans les objets du monde pour un faire un langage. Et comme tout langage, il nécessite un apprentissage. Il y a « des règles interprétatives de l’environnement »<3> que nous devons apprendre.
<1> Ricœur Paul, op. cit., p. 23.
<2> Eco Umberto, Le signe, histoire et analyse d’un concept, Bruxelles, Edition du Labor, 1988.
<3> Eco Umberto, op. cit., p. 12.