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Mémoire, oubli et réconciliation : l’exemple du Cambodge,(2)

Summary rating: 5 stars 16 Notes
Auteur(s) : Gaborit Pascaline
Résumé par : educaweb
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mots: 600
Publié le : décembre 06, 2006
La menace de l’identité est aussi l’un des facteurs qui influence la mémoire et l’oubli sélectif. De même, l’un des facteurs souvent invoqué pour expliquer les conflits est la peur de l’extinction du groupe. Ainsi l’une des explications de l’avènement des khmers rouges au pouvoir, au Cambodge en 1975 est que le sentiment nationaliste sous jacent dans les discours de Pol Pot était animé par la peur ancestrale de l’extinction de la race khmère. Cette solution ne doit pas être idéalisée, et comporte des manques comme entémoignent beaucoup d’articles, sur la situation actuelle en Afrique du Sud même si par ailleurs, la commission aurait contribué à renforcer la démocratie du pays. L’amnistie en tant qu’oubli institutionnel, touche aux racines mêmes du politique et, à travers celle-ci, au rapport le plus profond et le plus dissimulé avec un passé frappé d’interdit. Le souvenir et la mémoire des massacres, des tortures, et des exécutions, souvent des décennies après les faits, reste une question à part entière. Outre, la possibilité de stabilisation, suivant une série d’étapes décrites par Carlos Sluzki comme allant du conflit à l’intégration, en passant par des étapes d’interdépendance et de coopération, il est en effet nécessaire de donner à des chercheurs,la possibilité d’enquêter sur ce qui s'est passé, et de donner à la société et à la communauté internationale des éléments pour lui permettre de trouver des explications, et un sens.aux faits. Au Cambodge, il existe un certain consensus pour qualifier l’époque des khmers rouges «d’auto-génocide» même si le termede génocide avait lui-même été occulté du texte lors de la signature des accords de Paris du 23 Octobre 1991, du fait de la participation de certains représentants khmers rouges à cet accord (et notamment Khieu Samphan). Ce n’est u’en 1997 que l’ONU a reconnu les pratiques atroces des khmers rouges comme des actes de génocide. En comparaison avec d’autres pays où ont sévi des crimes contrel ’humanité ou des génocides comme le Rwanda la mise en place des procès au Cambodge paraît extrêmement tardive. Ce délai imposé a sans aucun doute a contribué aux réticences actuelles pour l’ouverture des procès, et l’on observe qu’en plus des blocages institutionnels (question des juges, du financement,approbation du règlement intérieur) qui n’en finissent plus s’ajoutent desdéclarations politiques ambiguës notamment de l’ancien roi Sihanouk, qui n’encouragent pas la population à soutenir la démarche. C’est face aux réticences nombreuses de la population, que des opérations de visite se sont mises en place, menées par des ONG, pour permettre aux familles des victimes de savoir ce qui était arrivé à leurs proches, et pour sensibiliser les cambodgiens aux évènements les plus dramatiques de leur histoire. A noter que d’après les sources de l’organisation concernant la sélection des participants,40% d’entre eux seraient des anciens soldats khmers rouges. Lors des visites mixtes mentionnées plus haut organisées au Cambodge, aucun des participants n’aurait cherché à savoir qui était qui, et qui avait fait quoi, comme si lapopulation s’était habituée à vivre avec ces questions en suspens, et à ne plus poser de questions. La reconnaissance du passé, et notamment des exactions,massacres, tortures, et déplacements de population ne doit pas devenir la dernière priorité des élites en charge de la reconstruction ni de la communauté nternationale, privilégiant la nécessité de stabiliser un pays ou une région.
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