Si la sophistique possédait plus d’éléments
qu’elle n’en possède, elle serait devenue une science dérivée à la philosophie ou même parallèle à celle-ci. Cependant, une toute autre réalité prime lorsqu’on vient à aborder le thème des
sophistes. Ces derniers ne sont ni des philosophes aillant étayés un grand chapitre de la philosophie ni même des penseurs considérés comme de vrais philosophes. Lorsqu’on pense aux sophistes des idées récurrentes nous viennent à l’esprit: ils ne sont que de simples savants et le terme
«sophisme» lui-même
est significatif d’un faux raisonnement. Le sophiste est donc un savant possesseur d’un faux savoir et de nos jours, lorsqu’on parle d’un raisonnement sophiste on sous-entend un raisonnement qui transgresse la Vérité. Les écrits des sophistes ont entièrement disparus. On les connaît à travers Platon et Aristote, et on remarque qu’ils furent des philosophes qui s’intéressèrent à toutes les branches du savoir. Les sophistes les plus connus sont Protagoras, Gorgias, Lycophron, Prodicos, Thrasymaque, Hippias, Antiphon et Critias. Ils vécurent tous à l’époque de Socrate et on sait qu’il existait une grande animosité entre eux et lui. Socrate reprochait aux sophistes de prétendre tout savoir, alors que lui prétendait ne rien savoir. En ce qui concerne la pensée des sophistes, ils se rapprochent les uns les autres sur beaucoup de points. Protagoras tiendra une thèse à peu près similaire à celle de Gorgias. Antiphon avancera bien des éléments intéressants à propos de la Nature; propos qui d’ailleurs seront soutenus par ceux de Hippias, Critias et Thrasymaque. Protagoras tiendra des arguments valables concernant l’antilogie. Pour lui ainsi que pour Gorgias, le
monde n’est pas une entité ordonnée, c’est un monde de chaos où l’esprit est continuellement déchiré par les contraires. L’antilogie de Protagoras est qu’il n’existe aucune homogénéité dans le monde. Le monde d’un point A est différent de celui d’un point B, et tout
discours cré une thèse contraire. Cet argument sera fortement expliqué lorsqu’on sait que selon Protagoras, l’homme est mesure de tout. Après s’être renseigné sur tous les points, il se forge un discours propre à lui qui peut ou non être partagé par l’avis d’autres personnes. Un discours non partagé est un discours faible alors qu’un discours renforcé par les idées des autres gens est un discours fort. Protagoras est le premier à avoir dit que sur toute chose il y a deux discours qui se contredisent. Selon lui il n’existe pas de juste en lui-même; on doit toujours tolérer le discours de l’opinion. Pour Gorgias également le langage coordonne le tout. D’ailleurs ce sophiste prônait une philosophie dîtes de persuasion. Il disait que l’art est source de sagesse et qu’il sert à faire rentrer l’âme dans une phase de réceptivité face à la séduction. Sans cette séduction, l’homme serait un être entièrement passif, non réceptif aux choses qui l’entourent. En démocratie, il, existe aussi selon Protagoras une sélection de discours. C’est le meilleur mode politique car il y a une continuelle rotation du pouvoir. L’un domine, l’autre est dominé et la loi s’applique aux gouvernants tout comme aux gouvernés. Cependant il s’établit toujours un discours unanime qui est le discours le plus fort. En démocratie le plus sage des hommes est toujours celui que l’on soutient car il fait adhérer les autres à son point de vue.
Ainsi la parole des sophistes a perduré jusqu’à nous. Si Platon ne nous avait pas renseigné sur comment ces philosophes percevaient le monde, peut être qu’aucun de leur propos ne serait arrivé jusqu’à nous. Comme les présocratiques, on peut remarquer que la philosophie n’était encore qu’aux balbutiements, car de nos jours on peut apporter des preuves contraires aux discours des sophistes. Cependant, il est enrichissant de connaître ce que les savants anciens pensaient; c’est une découverte, une nouvelle manière de voir les choses. Notez moi svp cela ne prend que quelquessecondes.
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