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Les Indiens d'Amérique

par : Megan Deziel    

Auteur(s): Megan Deziel
D’accord, les hommes blancs ont accompli de grandes choses ; mais si on compare avec les peuples anciens et leur temps, il
y de quoi rougir d’un manque d’humilité. Et c’est directement d’eux que ces indigènes descendent. Ils n’en gardent qu’une minime connaissance, soit aujourd’hui, celle qu’ont acquises les blancs. Mais le respect des traditions, des croyances vont bien au-delà de la mort. Elle y survit, malgré la destruction proéminente, malgré les siècles. Ils s’en souvien­nent ; même mieux, ils en sont fiers.
On les a détroussés, repoussés, inculpés, salis, décimés, massacrés, avec toujours plus d’acharne­ment et le plus honteux, sans peine ni remords, comme s’il s’agissait d’une minable meute de chiens.
Ce qui me donne le plus la nausée, c’est qu’on ne peut plus revenir en arrière, même pas pour s’ex­cuser du tort qu’on leur a causé. Mais ce n’est pas assez. On oublie tout trop vite, trop facilement surtout.
Ces peuples nageaient dans la tranquillité; nous, dans l’agitation. On courrait la fortune, eux se vautraient dedans sans y attacher la moindre importance. Nous inventions la suffisance, eux, s’impré­gnaient d’humilité.
Finalement, on leur a presque tout pris. Si aujourd’hui, ils se battent pour la liberté, c’est peut-être parce que nous les avons emprisonnés trop longtemps. Mais encore, ils persistent dans le respect d’autrui : avez-vous déjà vu un Indien poser une bombe quelque part ? À l’Hôtel de Ville, par exemple ?
Mais qu’est-ce qui emmerde exactement ? Qu’ils soient libres, au moins sur leur territoire ?
Bon sang, c’est le seul lieu qui leur reste.
En tant que blanche et membre de la société, je n’ai pas le choix de m’intégrer à mon monde et apprendre à vivre avec. Mais eux, ils l’ont le choix, même très pâle, ils l ‘ont. C’est leur droit d’accepter ou de refuser. Ils sont différents de nous. Et c’est la chose qui nous éclate au visage, même malgré nous. Et c'est malheureusement encore et toujours la guerre entre ce damné gouvernement et les tribus amérindiennes!
D’accord, on osera défendre la discrimination en relatant l’épisode des massacres internes des tribus; je parle évidemment, des rites pour le moins inusités, lorsque sacrifiant des hommes et des femmes sur l’autel ou dans un puits, ils croyaient rendre hommage à leurs dieux et obtenir ainsi clémence et protection de leur part. Il y a des siècles. Mais la race blanche peut-elle se vanter d’avoir fait mieux ?
Et même les autres ? On tue au gaz, aux bactéries, par balles et par bombes, par feu. Combien de vies sont sacrifiées, et pourquoi ? Au nom de quoi, au juste ?
Logiquement et raisonnablement, on trouvera toujours une réponse, voire une explication pour justifier les comportements indigènes. Le pourrait-on pour tous les autres ?
Qui sont les vrais barbares, les véritables bouchers ?
Combien de femmes furent sacrifiées sur des bûchers ? Combien d’enfants laisse-t-on crever de faim sans intervenir? Combien de guerres s’enchaînent uniquement par convoitise ? Faut pas chercher plus loin que Bush!!!
Il y aura encore combien de vies qui paieront de leur sang, combien ? Et surtout, pourquoi ?
On pourra dire ce qu’on voudra mais les Indiens ne sont pas pires, ni plus nuisibles que n’importe quelle autre nation.
Pendant des siècles on a usé leurs nerfs et leur patience en les repoussant toujours plus au nord, toujours plus à l’ouest, acquérant ainsi la totalité du continent américain. Et on maugrée parce qu’ils veulent garder un cimetière sacré (territoire qui leur appartient de plein droit) plutôt que de laisser l’homme blanc à nouveau lui arracher pour en faire un minable terrain de golf. Où est la logique dans tout ça ? Serait-ce donc que l’homme ne respecte rien, ni personne ?
Peut-on réellement les blâmer de désirer à ce point placer des barrières vis-à-vis ceux que rien ne dérange : ceux-là qui sont prêts à tout pour leur arracher le peu qu’ils leur restent ?Je trouve ça bien que le peuple indien se lève aujourd’hui, quitte, malheureusement, à lever les armes parce que ce ne sont pas eux qui ont cherché la guerre. Aujourd’hui, ils sont peu mais plus forts qu’ils ne l’ont jamais été auparavant. Aujourd’hui ils demandent des comptes, ils réclament ce qui leur est dû.
C’Est en fait, un juste retour des choses. Et c’est encore bien peu en comparaison de tout ce qu’on leur a pris.
C’est certain qu’on ne peut, hélas, pas le leur rendre; je verrais mal 300 millions d’individus se déplacer en masse vers un autre continent. Mais à tout le moins, ne pourrait-on pas les laisser vivre en paix?
C’Est vrai : quand on a inculqué des règles, des lois sur leur propre terre, leur a-t-on demandé quelque chose ? Comme leur avis, par exemple ? À part, bien sûr, de rester tranquille...
On leur a toujours ordonné de reculer, la majorité du temps, devant les armes et avec la puissance du conquérant.
Les Indiens ne tuaient que par nécessité, par honneur ou encore pour protéger leur territoire. Peut-on réellement en dire autant de tout le monde ?
Je suis une socialiste, une anti-raciste et j’en suis fière; pas en tant que blanche, juste en tant qu’être humain. Je ne suis pas de ceux qui croient que nous serons les seuls à nous relever si la terre s’écroule sous nos pieds. Je ne crois pas que nous sommes un peuple élu parmi les autres. Nous ne sommes qu’une parcelle entre toutes celles qui constituent l’univers.
Mais bon sang, qu’on leur fout la paix.
Publié le : juillet 29, 2006
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