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La guerre des dieux et le sang des gueux

par : lanissa    

Auteur(s): Lanissa
LA GUERRE DES DIEUX ET LE SANG DES GUEUX.
Avant l’Histoire, aux temps où l’homme n’avait que les cailloux et les branches
d’arbres pour se défendre, la guerre avait un parfum d’héroïsme. Seuls les antagonistes se battaient et pas question que les spectateurs encaissent les coups à leur place. Et à moins d’être cannibale le vainqueur se contentait de dérober une proie, une femelle… sans avoir besoin d’achever sa victime.
De nos jours, en ce 21eme siècle hautement civilisé pour défroisser les sourcils pharaoniques d’un chef, on inonde la foule sous un déluge de bombes. Pendant ce temps-là, sans honte ni remords, le pharaon, se fait masser les muscles dans un fauteuil étudié pour, sirotant son café face à un écran lumineux qui revoie le chaos qu’il a déclenché sur une autre planète ou par jeu vidéo.
La Fontaine a tort, la raison du plus fort n’ est pas la meilleure car comment faire la comparaison quand celle du plus faible n’est qu’une utopie ?
Contrairement aux animaux qui sont obligés de se battre pour survivre, l’homme rentre dans l’arène des « loups » juste pour satisfaire les caprices d’un dirigeant névrosé. A-t-on vraiment mis fin à l’esclavage ?
Il n’y a qu’à suivre les informations à la télé pour chialer sur cette civilisation qui est incapable de nous maintenir au stade de nos amis les bêtes. Pourquoi ne pas suivre leur exemple : tout conflit se règle exclusivement entre intéressés. Que les dieux brouillés montent sur un ring, le spectacle sera plus passionnant qu’un match de foot. Qu’ils laissent leur pauvre peuple vaquer à ses occupations routinières sans craindre que le ciel ne tombe sur leur tête. Derrière tout conflit, il y a l’intérêt d’une poignée de gens, rarement celle de la majorité qui a la vision terre-à-terre : juste survivre en s’abreuvant de sueur. Cette masse formidable a hélas son talon d’Achille : occupée à trimer elle n’a pas eu le temps de s’immuniser contre ses virus parasites. Ces derniers ont eu le temps de développer une arme efficace : les tabous. Sur le chemin de la fourmi c’est facile de poser des pierres avant d’aller faire ta sieste : elle déposera son butin à l’endroit choisi et toute contente baisera la poussière en prime. « La seule façon pour une classe dirigeante qu’elle soit de se maintenir au pouvoir et de contraindre les citoyens à accomplir des tâches qu’ils n’ont aucune envie d’accomplir, c’est d’inventer des tabous et de punir ceux qui les violent, tout en entretenant en chacun, et c’est bien le comble, un sentiment tenace de culpabilité sur lequel il n’est pas difficile de jouer » écrivait Gore Vidal.
Après deux guerres mondiales, la création de l’ONU, on croyait fini le temps de la barbarie, mais ça revient et en pire : l’hypocrisie s’est invitée à la fête.
Dans les pays évolués, le moins bon candidat se fait élire pendant que chez les autres, on clone à l’infini le tyran du moment. Comme une malédiction la politique moderne nous renvoie aux danses macabres de sorciers africains d’antan. Après t’avoir transformé en zombie on t’offre en sacrifice. Le sang des gueux fermente bien la terre, c’est plus bio…
Avec tous ces dangers planétaires qui nous menacent ( famine, drogue, sida, séisme, réchauffement de la terre…), l’homme est prêt à déclencher une troisième guerre mondiale à cause d’une eau puante même pas comestible : le pétrole. Cet or noir qui est vraiment noir pour les peuples qui ont dressé leurs tentes au-dessus de son réservoir et de l’or pour leurs émirs…Comment vivait le monde sans pétrole, comment vivra-t-il demain en s’en débarrassant ? La vraie question est sans doute : est-ce qu’il y aurait encore une vie humaine après la guerre du pétrole ?
Le cercle est vicieux : ceux qui le possèdent non aucun mérite mais ont la légitimité et ceux qui le veulent ont le mérite mais non la légitimité. On coince sur la notion de la souveraineté nationale, une expression directement sortie de la bouche baveuse d’un despote. Il y a le mot pas du tout innocent de « souverain » et, « national » qui sait électriser la foule qui râle en silence, efficace pour voiler le vrai problème. Le coupable est toujours l’autre. Certains pulvérisent leurs frontières et d’autres s’acharnent à les retracer pour sauvegarder race, religion, indépendance… ; des « tabous » à faire rigoler l’homme des cavernes.
Si le premier arrivé a le droit exclusif au « terrain » alors redonnons la Terre aux héritiers des dinosaures.
Les peuples s’adaptent entre eux, les affinités priment sur le reste, sinon comment expliquer que l’amitié se construit généralement en dehors du cercle familial, comment expliquer aussi le succès de l’Internet, des paraboles, du tourisme, des associations humanitaires, stars internationales… ? La frilosité provient de cette minorité de dieux « mineurs » qui n’ont rien trouvé mieux pour régner que de diviser ceux qu’ils considèrent comme leurs « gueux ».
Publié le : juillet 19, 2006
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