Pourquoi écrit-on ? Quel
est c’est impérieux besoin de communiquer qui pousse les gens à saisir la plume ? Certaines études
affirment que le sentiment de solitude pourrait amener ces personnes à vouloir communiquer avec le papier, faute de pouvoir le faire avec leurs contemporains. Mais ces études ne se sont-elles pas surtout focalisées sur les journaux personnels, les biographies, les blogs que l’on voit fleurir sur le net, enfin tous ces écrits où l’auteur ne converse pas, en fait, avec les autres, mais avec lui-même.
Mais pour les autres ? Pour ceux qui sont poussés par le désir d’inventer des histoires, pour ceux qui
sentent brûler en eux le feu sacré des conteurs d’antan ? Qu’est-ce qui les pousse à vouloir repousser les murs qui les oppressent ?
Parce que c’est bien de cela dont il est question. Ils se sentent à l’étroit dans leur
vie, pas qu’ils souhaitent refaire le monde, non, en grande majorité ils s’y trouvent plutôt bien… mais justement, ils s’y sentent tellement bien qu’ils veulent en profiter au maximum… et la vie est si brève, et leurs jambes si courtes.
C’est donc grâce à leur imagination qu’ils font tomber les frontières, qu’elles soient spatiales ou temporelles, et grâce à cette encre qui leur coule des doigts, ce n’est pas une vie qu’ils vont vivre, mais des milliers, étant tour à tour un preux chevalier se lançant dans une croisade, ou un simple mendiant perdu sur les quais de Londres.
Lorsque la muse les saisis, d’un coup leur horizon s’élargit à l’infini, et rien, plus rien ne peut vraiment les retenir, car créer c’est atteindre le paradis des dieux eux-mêmes.