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Accueil Shvoong>Arts & Lettres>Michaël Jackson

Michaël Jackson

par: HeleneLarrive     Auteur(s): Hélène Larrivé
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Lorsqu'un jeune fume du shit ou prend de l'extazy, on dit que c'est un drogué et il est passible des tribunaux, parfois de la prison. Lorsque Michaël Jackson se fait piquer deux fois par jour avec un dérivé de morphine, on dit qu'il est hypocondriaque et dépendant des "médicaments anti douleur". Et cependant, regardez sa tête: inquiétant, ni homme ni femme, ni noir ni blanc, un visage impressionnant de cadavre, de drogué au dernier stade, et de plus en plus. Regardez ses actes : danser sur le parvis du tribunal qui le juge pour des soupçons de pédophilie, tendre son enfant par le balcon au risque de le faire dégringoler, énoncer tout benoîtement juste avant le procès qu'il ne voit rien de mal à dormir avec un enfant...
Quelle société permet de telles énormités dans le traitement des gens ? Quel exemple pour les jeunes à qui on interdit -légitimement- de fumer ? Comment peuvent-ils croire un instant aux diktats idéologiques consensuels lorsque les médias leur montrent tous les jours un être avec le visage de Jackson, adulé par des foules en délire, gagnant des millions à chaque concert, que tout le monde parmi les journalistes s'arrache littéralement?
Les sociétés traditionnelles avaient des mythes, des déités, une poésie dans l'archétype populaire. Achille, Hélène, Mitra, Jésus, Mohamed... La nôtre a Michaël Jackson : c'est cela qui semble grave et signe patent de décadence. Le modèle de tous ces gens qui pleurent, stationnent devant sa maison, courent partout, c'est cet être là. Hideux, le malheureux. Brillant ? Ses propos sont tous d'une platitude navrante. Un être fabriqué par les médias pour les médias, un artefact, une sorte de fantôme, d'ectoplasme raté. Et ça marche ! Une victime, assurément, mais aussi une sorte de monstre, relié à la drogue, qui se croit tout permis parce qu'il est un mythe... et qui en meurt. Car être un mythe, c'est être en porte à faux tout le temps. Il faut mériter la mythification, la mystification... la drogue est là pour y aider. Comment être autre (et cet autre là) à tout instant de sa vie ? Comment ne pas se haïr soi même et les autres qui vous adulent et comment le cacher sous des sourires de façades ? la drogue...
Ceux qui l'ont fabriqué l'ont aussi détruit, avec son consentement et même sa volonté initiatrice. Ca a rapporté des sommes énormes aux producteurs, au spectacle. A lui aussi car il était dit-on un redoutable affairiste. Mais lui en est mort. Navrant, à tout points de vue.

Publié le : 29 juin, 2009   
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