Serge-René Fuchet
Trilogie de la guerre civile
L’argument est familier, s’enracine
dans une culture héritée de l’Antiquité. Déjà, vous reconnaissez derrière ces personnages des figures de notre Panthéon littéraire : Pyrrhus et Andromaque, Hermione et Oreste… Déjà, vous devinez sous la ville serbe les remparts d’une Ilion en cendres où se nouent les complots, s’enkystent les passions immaîtrisées, s’exacerbent les tensions, se jouent les manipulations pour l’amour et le pouvoir… Vous voilà alors entré dans une triple variation contemporaine autour des tragédies nées du cycle troyen…
Triptyque inspiré de la tragédie racinienne, la Trilogie de la guerre civile n’aurait pu être qu’un exercice de style, voire un bégaiement théâtral. En transposant les principaux acteurs d’“Andromaque” ou d’“Iphigénie” dans les Balkans et sur les rives de l’Adriatique, Serge-René Fuchet impose néanmoins son empreinte à des récits qui, malgré leur ancienneté, n’en continuent pas moins de nous parler de nous tous : hommes et femmes, amants et ennemis, mères et veuves… Et le dramaturge de nous faire redécouvrir, sous ses oripeaux péjoratifs, la notion de classique… Plus que des tributs, trois pièces qui réinventent le sublime.