Les hasards de la vie nous ont fait découvrir un essai du folkloriste cubain du 20ème siècle, Samuel Feijoo, intitulé La
langue populaire cubaine, dans un vieux numéro de la revue Signos qu'ont m'a fait parvenir jusqu'à Caracas depuis ma très chère ville natale de Santa Clara. Comme dans beaucoup d'autres essais de Feijoo, ce qui prime ici c'est la personnalité de l'
auteur plus que la recherche scientifique; la spontanéité plus que la méthodologie; le désordre des idées plus que la structure; la pratique plus que la théorie. C'est plus cela qu'on a voulu convaincre la maison d'édition et l'auteur du prologue pour maintenir l'odre que Samuel avait donné à son travail, et conserver les illustrations humoristiques qui reflètent avec fidélité l'esprit de l'époque - du début des années 60 jusqu'à la fin des années 80 -. Avec
toujours le même désir d'offrir au lecteur une oeuvrage de consultation en matière de linguistique et qui illustre tout à la fois l'humour créole : cette drôlerie cubaine qui a toujours été présente sur cette île des Caraïbes depuis son histoire coloniale, sa période républicaine et contemporaine, aussi bien dans les mauvais moments que dans les bons, lors de fêtes ou de veillées funèbres comme quelque chose d'indisociable dans son syncrétisme.