Tout au long des temps historiques et préhistoriques, les migrations
ont mené les peuples avec leurs créations culturelles d’une limite du l’Afrique à l’autre. Depuis les temps anciens, des marchands se sont déplacés entre l’intérieur de l’Afrique et les rives de l’océan. Les grandes voies fluviales et les caravanes de chameaux ont transporté non seulement des hommes et des biens, mais aussi l’information, les traditions, les contes et les croyances. Aujourd’hui, une fable racontée chez les Baoulé de la Côte d’Ivoire peut aussi entre entendue chez les Zulus dans
le Sud lointain. Le lièvre rusé du Zaïre joue les mêmes tours adroits que l’araignée rusée du Ghana et du Togo. Et, bien que la musique d’Afrique Centrale puisse avoir des caractéristiques locales, elle appartient cependant à un système musical général sur lequel se basent divers peuples tels que les Ashanti du Ghana, les Shagaans de l’Afrique du Sud et les Kambas du Kenya pour composer leur musique.
même là où l’influence islamique
ou européenne s’
est immiscée et a produit des sonorités hybrides, le caractère africain d’ensemble peut être facilement reconnu. Il en va de même de la danse, des arts de l’éloquence et de la narration et des jeux joués par adultes et enfants. Il n’existe aucune part du continent où n’existe pas le jeu de comptage joué avec des haricots ou des cailloux sur une planche sculptée et connu sous les noms de wari, munkala, adi et bien d’autres. Bien que les systèmes religieux varient, il y a une opinion africaine généralisée concernant les forces de la nature. A travers une bonne partie de l’Ouest, du Centre, de l’Est et du Sud de l’Afrique, règne (excepté là où s’est implantée l’influence européenne) le concept d’un univers total composé du visible et de l’
invisible, de forces qui, bien qu’invisibles, sont néanmoins réelles et avec lesquelles on traite avec des rites et des moyens magico-religieux. La bonne volonté des ancêtres est indispensable pour le bien-être des vivants, et les morts sont donc suppliés et apaisés par une série interminable d''actes individuels et de rites prescrits. Bien que les contacts avec l''Islam et le Christianisme aient affaibli de tels concepts, la conception africaine d''un univers partiellement visible et partiellement invisible demeure forte. L''invocation d''un Saint chrétien n''est pas condiséré comme tellement différente des invocations aux ancêtres personnels. En plus, pour beaucoup, le Dieu chrétien lointain et invisible n''est nullement incompatible avec les déités suprêmes qui vivent dans les traditions des cultures Yoruba, Ashanti, Bantou d''Afrique Centrale et d''autres. Les sytèmes religieux non-africains envahissants ont eux-mêmes répondu de l''existence d''un monde physique entouré par des forces spirituelles, renforçant ce que des générations antérieures d''Africains virent comme la nature réelle de l''univers. Ainsi, la littérature orale d''Afrique reflète des idées, des thèmes, des hypothèses et des vérités largement partagés, en même temps qu''elle revèle des créations uniques et particularisées d''une tribu, d''un village ou d''une région. Une tribu peut être au diapason des traditions africaines courantes et cependant posséder des légendes de ses
propres héros, de ses rois, de ses demi-dieux, de ses propres conflits et de ses propres migrations et de ses anciennes origines propres. Un village peut façonner à son goût un conte répandu. Un narrateur peut embellir, recomposer et raffiner des histoires connues ailleurs et leur donner le sceau de son propre génie créateur, ou composer de nouveaux récits à partir de l''expérience de la vie quotidienne.
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