aux Européens sur la Côte. Avec la fin de la traite des esclaves, la propérité et l''énergie des Etats d''Ovimbundu s''affaiblirent. Deux royaumes hautement développés,
le Congo et le Loango, existaient le long des basses étendues du fleuve Congo (Zaïre) au 15ème siècle. Leur influence fut bien sentie au-delà de leurs frontières. Et, évidemment, il y eut des Etats et des Cités-Etats à propos desquels nous connaissons très peu : le Zimbabwe, par exemple, pour lequel n''avons rien, à part des vestiges archéologiques. Quelques-uns de ses bâtiments en pièrres s''élèvent envore, frappant d''effroi le voyageur. Mais que fut le Zimbabwe pour les peuples qui habitaient la
région entre le dixième et le quinzième siècle ? Nous nous perdons en conjectures. Dans la région au bord du Haut Nil et du Nil Bleu, il y avait des royaumes qui reflétaient des influences du Moyen-Orient. Le royaume de Kush, parfois appelé du nom de l''une de ses capitales, Méroé, commença à s''organiser vers 350 avant Jésus-Christ et vers l''année 100 de notre ère, il devint le maître de sa région. On pense généralement que les Kushites n''étaient pas noirs. Leur histoire s''est entrelacée pendant plusieurs siècles avec celle de l''Egypte, au Nord. Il y eut
aussi Axum, le prédécesseur de l''Ethiopie moderne, qui s''organisa
ou émergea de l''obscurité au troisième ou au quatrième siècle de notre ère. L''énumération de ces états, de ces royaumes et de ces empire nous apprend quelque chose à propos de la dynamique politique et économique du continent africain avant qu''il ne fût envahi par les explorateurs et les forces militaires venus d''Europe et d''Asie. Elle peut aussi nous informer sur les influences réciproques des cultures et des traditions. Mais nous ne devrions pas confondre les Etats et les empires avec la culture car ils ne sont pas nécessairement synonymes. Il y eut bien des peuples en Afrique qui n''avaient ni rois ni grands chefs, dont les structures sociales et politiques étaient fondées sur des relations parentales ou des liens entre villages, dont les relations et les obligations communautaires étaient traditionnelles, définies par le droit coutumier et des préceptes moraux, sans que s''impose à eux un mécanisme autocratique ou théocratique. Ces peuples avaient néanmoins leur mythologie et leur littérature orale, leur musique, leurs croyances religieuses, leurs notions du bien et du mal ainsi que leurs valeurs vitales. Ce que nous appelons traditions orales étaient des créations non seulement de poètes et de bardes royaux, mais aussi d''hommes et de femmes simple vivant dans des villages rustiques disséminés à
travers le continent. En effet, une des plus puissantes influences culturelles dans toute l''Afrique, mesurée par l''étendue du territoire à travers laqquelle elle s''exerçait et le nombre de gens qu''elle a finalement affectés, fut exercée, non par un grand Etat ou un grand empire à son apogé, mais par des groupes de pêcheurs, de fermiers et de bergers se déplaçant à travers l''intérieur de l''Afrique, dans une série de
migrations qui couvrirent une période de plus de deux millénaires. Ces gens étaient les Bantous, ainsi appelés parce qu''ils parlaient des dialectes de la langue bantoue. On pense que leurs grandes migrations commencèrent dans la région du Nigéria méridional. Les raisons de leur émigration restent peu connues. Mais, une fois lancé, leur mouvement ne s''arrêta pas avant qu''ils n''eussent atteint et ne se fussent établis sur des terres connues à présent comme Kenya et Tanzanie, à l''Est, et des terres australes à présent appelées Rhodésie, Botswana et Afrique du Sud. Les établissements Bantous s''étendirent de l''Atlantique, à travers les grandes forêts de l''intérieur, jusqu''à l''Océan Indien. Ce ne fut pas une seule grande vague, mais plutôt une série de remous en amont et en aval, entrant et sortant des régions foretières, avec des migrations ultérie
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