Les mythes, les légendes, les épopées, les contes, les poèmes historiques et les innombrables autres formes littéraires orales traditionnelles des peuples africains
ont été tissés à partir de la substance des expériences humaines : les affrontements avec la terre et avec les éléments, les déplacements et les migrations, les guerres entre royaumes, les conflits à
propos des pâturages et des puits, les luttes contre les mystères de l’existence, de la vie et de la mort. Ils sont les produits de longues réflexions à propos des relations entre humains, entre l’homme et la femme, entre
Le genre
humain et le monde animal, les réponses aux défis de l’inconnu et le besoin universel d’instaurer l’ordre et la raison là où règne le chaos et l’accident. L’homme en Afrique, tout comme ailleurs, a cherché à relier son passé à son présent, et à essayer d’explorer l’avenir afin qu’il ne doivent pas rester isolé dans la grande vague du temps
ou intimidé par la terre formidable ou la vaste étendue des océans environnants. Par ses mythes et ses légendes, il jette des ponts menant au matin de rêve de la création elle-même, et en même temps, ses systèmes de divination le projettent dans le temps à venir. Dans ses épopées, il affirme le courage et la valeur de l’espèce humaine, dans ses contes il médite sur le juste ou l’injuste, sur le faible ou le courageux, sur le raisonnable ou le ridicule, sur ce qui pousse l’esprit à la tristesse ou à l’exaltation. Dans ses proverbes et ses dictions, il condense les leçons des siècles à propos du caractère humain et à propos de l’équilibre subtil entre les gens et le monde autour d’eux. Ce que nous, debout à la périphérie, voyons comme folklore et tradition, est l’accumulation de l’expérience qui a rendu le genre humain en Afrique capable et assuré dans son effort inlassable non seulement pour survivre, mais aussi pour survivre avec sens. Nous avons dépassé ces temps où, poussées par nos propres réalisations particulières, nous divisions avec assurance le monde entre « civilisés » et « primitifs ». Nous comprenons maintenant ce que nous n’étions pas prêts à comprendre il y a un siècle environ – que les structures et les processus sociaux divers en Afrique, comme ailleurs, sont des produits des mouvements civilisationnels du genre humain, d’autres aspects de la réponse humaine aux défis de la vie. Quand nous disons « Africains », il s’agit simplement d’une manière convenable de dire « genre humain en Afrique » - des peuples, des villages et des tribus qui, à travers des millénaires de luttes l’un contre l’autre, contre la terre et contre les idées, ont fourni des réponses spécifiques aux questions d’organisation, de survie et du sens de la vie. Leurs attitudes religieuses, leurs structures sociales, leurs règles de comportement et leur symboles pour les idées abstraites sont les alternatives qu’ils se sont choisies parmi celles qui ont été disponibles aux hommes partout. Les études anthropologiques de la vie africaine ont, inconsciemment peut-être, été portées à mettre l’accent sur les différences d’avec nos propres coutumes, mais ces études n’ont que peu d’importance se l’on n’y voit pas un examen de nous-mêmes et de nos choix, parfois irrationnels. La littérature orale et les traditions des peuples africains nous montrent la portée et la nature de notre identité commune. Nous y découvrons, si nous ne l’avions pas déjà deviné, combien nous avons en commun : notre conception du bien et de mal, à propos du pompeux et de la vanité, à propos du modéré ou de l’immodéré ; et nos règles définissant nos responsabilités mutuelles du groupe et de l’individu. Nous reconnaissons nos aspirations et nos désirs communs, nos points forts et nos points faibles et une conception familière de l’homme comme création spéciale de la divinité ou de la nature. Avec la reconnaissance, vient la révélation que les non Africains ne sont pas moins exotiques dans leurs coutumes et croyances que n’importe qui d’autre, et que tout bien considéré, les traits communs entre sociétés apparemment dissemblables sont plus impressionnants que les différences. L’Afrique est un continent énorme, et des termes tels que « les Africains », « la société Africaine » et « l’expérience africaine » sont à utiliser avec précaution. Les styles de vie, les défis et les réponses, les institutions qui ont été mis en place varient souvent considérablement d’une région à l’autre, d’une tribu à la tribu voisine. « L’Africain » pourrait être un Yorouba citadin ou un Bochiman vivant dans le désert, un Pygmée spartiate de la forêt de l’Ituri, sa vie dépendant de la poursuite perpétuelle du gibier, un Silluk des savanes dont la vie gravite autour du bétail ou un Danakil errant dans le désert. Quelques peuples africains ont de vieilles traditions de sculpture du bois, de fonte du bronze, de fabrication du verre ou de forge du fer, tandis que d’autres se sont tournés vers les créations non matérielles. Il y a bien des développements et des concepts culturels qui, tout au long des siècles, se sont répandus sur la plus grande partie du continent.
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