Il n'aura mis que trois ans pour émerger, prendre sa vitesse de croisière et devenir un incontournable de la scène française.
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Le clan des miros", nouvel album de ce jeune prodige, le confirme: sa petite musique entêtante nous emballe.
Difficile de ne pas voir le bel avenir promis au
Clan des miros, le nouvel album de Renan Luce. L'artiste y confirme une maîtrise de l'écriture et de l'harmonie que son disque précédent,
Repenti, avait laissé entrevoir. Un album dons, mais aussi une série de concerts: l'actualité du jeune Breton s'annonce chargée. Ce dernier est revenu sur le devant de la scène grâce, bien sûr, à la promotion au
Clan des miros mais aussi grâce à On n'est pas à une bêtise près, titre phare de la bande originale du
Petit Nicolas (qui contribue largement à la poésie et au succès du film), qu'il a signé et intégré aux douze morceaux de son dernier album.
Universel, populaire, modeste et méticuleus: quatre caractéristiques que l'on peut retrouver dans le travail de Renan Luce, mais aussi dans certains des plus gros succès artistiques français de la dernière décennie, des livres de Philippe Delerm aux films de Jean-Pierre Jeunet en passant par les titres de Bénabar. Attention cependant aux réductions hâtives, aux comparaisons cinématographiques ou au classemeent sans nuance dans un genre rigide, en l'occurence la jeune chanson française.
Renan Luce, c'est cela et bien plus que cela. Sa touche est très personnelle, son écriture beaucoup plus complexe qu'elle ne le laisse paraître de prime abord, le tout accompagné d'un son toujours efficace. Et s'il n'a fallu que trois ans à Renan Luce pour s'imposer parmi les meilleurs de la scène française, c'est aussi grâce à un travail de bien longue haleine.
Même s'il arpente désormais la France dans tous les sens, les racines bretonnes de Renan Luce demeurent vivaces. Natif de Paris, il grandit dans le Finistère, apprenant la musique parallèlement à un cusrsus scolaire somme toute classique. Plutôt brillant, il enchaîne piano, saxo, guitare et fréquente le conservatoire de Brest. Son parcours reste commun à beaucoup de jeunes de sa génération. Après le bac et deux ans de classes préparatoires, il intègre l'Ecole Supérieure de Toulouse, tout en cultivant sa passions pour la musique.
Ce n'est qu'après les études, à son arrivée à Paris, qu'il décide de se consacrer entièrement à la musique. A 25 ans, il décroche son premier contrat chez Barclay. Pas mal pour un jeune talent qui ne sort pas su sérail et qui a fait ses premières armes sans passer sous les fourches caudines du marketing ou de la télé-réalité. Son talent, des pros de l'édition qui croient en lui, ses premiers parrains médiatiques (Bénabar au premier chef puis Renaud), rapidement bluffés par son travail, vont accélérer son envol. 2005: un contrat. 2006: un carton.
Repenti, son premier album, avoisinerait les 750 000 exemplaires vendus et chacun connaît au moins l'un des singles phares, comme
Les voisines,
Reprenti ou
La Lettre. Enchaînant en 2007, et 2008 les tournées et les concerts à guichets fermés, le jeune prodige aurait pu prendre la grosse tête et devenir un prétentieux lassant vite son public. Il n'en fut rien.
Difficile de dire le contraire: Renan Luce ne se la joue pas. C'est en toute simplicité qu'il s'est préparé, sur l'île de Ré, à sa série de concerts, alternant répétitions et balades à l'air large.
Une chemise à carreaux, un jean, des baskets... La chemise n'est pas soigneusement désordonnée et le teint ne trahit pas de recours massifs aux UV ou au soleil des plages assourdissantes d'Ibiza. Nous sommes en face de quelqu'un comme tout le monde, avec peut-être un je-ne-sais-quoi de talent en plus et sans doute un peu plus... Mais lui ne l'admettra sans doute jamais.