Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laurence Viallet Au
bord du
gouffre est un livre de référence de la littératuregay et la contre-culture nord-
américaine, un grand livre sur le sida,mais c’est avant tout un texte littéraire éblouissant, un cri poussépar un écrivain virtuose, romantique, un écorché vif violenté par lavie qui raconte son existence et son époque. Nous sommes dans le NewYork bohème des
années 80 et sa faune interlope (squatters, prostitués,junkies, travestis…), le
New York de Lou Reed et d’Hubert Selby Jr.Mêlant différents matériaux textuels, Wojnarowicz parle de son horreurde l’aliénation, sa quête permanente de liberté, ses rencontressexuelles furtives et anonymes. La mort s’insinue peu à peu dans letexte, l’auteur affrontant la disparition de ses amis et sa destructionannoncée. Wojnarowicz se révolte contre la société américaine, sonhomophobie et ses conservatismes avec une rage désespérée. Vingt ansplus tard, nous revisitons les premières années de l’épidémie aveceffroi et émotion. Au bord du gouffre présente le témoignage d’un idéaliste, un révolté, un poète visionnaire. Comme les livres de Genet ou Burroughs, Au bord du gouffre est un texte d’une écriture magnifique qui fait déjà partie de notre patrimoine littéraire.DAVIDWOJNAROWICZ s’est imposé comme l’un des artistes américainsincontournables des années 80. Il naît dans le New Jersey en 1954.Enfant battu et maltraité, il s’enfuit à New York, découvre sonhomosexualité, vit dans la rue, subsiste grâce à la prostitutionoccasionnelle. Il traverse les États-Unis en auto-stop. Pendant lesannées 80, il devient un artiste reconnu (photographe, vidéaste,peintre, sculpteur et écrivain). Il appartient au mouvement artistiquede l’East Village et évolue dans le milieu alternatif new-yorkais (NanGoldin, Richard Kern, Lydia Lunch, Kathy Acker...) Homosexuel militant,farouchement critique de la société américaine, il meurt du sida en1992.
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