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Tourisme : L’ile de Taquile

par : yanahuara     

Auteur(s): http://www.enjoyperu.com/magazine/otros-artic/taquile/index2.htm

L’ile de Taquile / Taquile, la plus grande île du Lac Titicaca (située à 35 km au nord de

Puno) conserve intactes les traditions, les coutumes et les lois de l’époque inca.Le voyageur qui découvre ce peuple d’hommes et de femmes solidaires qui partagent tout, a la sensation d’avoir fait un saut dans le temps, revivant un morceau de la grandiose histoire des enfants du soleil.Leurs yeux se rencontrent et irradient d’étincelles fulgurantes de tendresse. Elle, elle sourit avec timidité, se replie,  cache son visage olivâtre et avec ses mains toutes froides, crispées, tremblantes, fait virevolter une sorte de toupie de laine. Lui, il secoue sa chemise, donne des coups de pieds dans les petites pierres, soupire avec nervosité. Puis il retourne tisser.Absence de mots. Lui, il dessine des symboles magiques sur un chullo (bonnet de laine). Elle, elle tisse avec hâte et dextérité. Mais ce silence, inconfortable, lourd, insupportable, rompt l’enchantement, casse ce halo de tendresse. Alors, se dessinent les traits quotidiens et les ébauches de la routine sur l’île aux arcs de pierres, sur la terre des petits sentiers, sur la communauté régie par les lois des Incas.Images quotidiennes : femmes fileuses, hommes tisserands, membres de la communauté courbés par le poids de paquets informes, paysans qui tracent des sillons dans la terre, voyageurs qui cherchent à récupérer leur souffle après la montée tortueuse, car il faut monter un escalier de plus de 567 marches – rayon de pierres qui serpente entre des espaces de verdure – pour arriver au village de Taquile, une enclave du passé dans les eaux toujours bleues, toujours sacrées du Lac Titicaca. Le « chullo » est prêt. Lui, il admire son œuvre avec des yeux empreints d’une satisfaction toute sereine, il révise les couleurs et les dessins étranges. Un homme marié de la communauté l’utilisera, ou alors un touriste désireux de garder un souvenir. Il ne fait aucun doute qu’il aime tisser, il le fait depuis tout petit, comme le veulent les vieilles traditions de son peuple. Mais aussi, il l’aime elle, sa compagne qui le regarde de côté.Maintenant, il ne peut plus cacher sa nervosité dans le tissage. Il est mis en lumière et désarmé. Il se met à siffler mais il oublie la mélodie, ensuite, il salue ses voisins qui rôdent par le sentier. Pantalons noirs, chemises blanches et bandes ceinturées brodées pour les hommes. Cape sombre pour se protéger du soleil, jupes multicolores et chemisiers rouges pour les femmes. Lui, il voudrait qu’ils s’en aillent, qu’ils restent toute la journée. Ce n’est pas comme ça. Ils s’en vont. Ils le laissent seul.Il pense, réfléchit, se décide à parler. Mots en quechua. Brefs, adroits, doux ou rugueux ? Elle, elle rougit. Ses doigts s’enroulent dans le fil et elle perd le contrôle de la toupie de laine. Les deux rient. Elle, elle ramasse l’objet tombé ; lui, il caresse le « chullo » comme s’il était en train de penser qu’il pourrait le garder. Peut-être, peut-être seulement, il en aura bientôt besoin.


Publié le : février 13, 2009
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