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Rouge Terre

Review by : jeffjoubert
Visites: 153
mots: 600
Publié le : novembre 30, 2006
L'odeur du sang et ceciel rouge, rien ne sera plus comme avant... Je me souviens, mes premiers vols... telle uneplume j'allais, de bas en haut, chercher de l'altitude et le froiddes ciels bleus. Les nuages m'aspiraient, je grimpais, je grimpais,mon cerveau se vidait et tout devenait... — Vous avez du feu — L'extérieur en est plein !- Je sais, mais apparemment nous, nous ne sommespas dehors...Que dire, que répondre ? Je gardais lesilence et je la regardais. Si belle, une écharpe grise luienserrant le cou, ce sourire jeune. Ses yeux pétillaient.Insolente au plus haut degré... Cela méritait del'indignation ou de l'admiration. Insensible à l'horreur et àla douleur des autres, elle ne pensait qu'à inhaler sa fumée.Et moi, qui étais-je pour me permettre de la juger ?La nuit refusait de s'installer. Tel un monarque qui refuse sacouronne, elle avait quitté la Terre. L'Ouest se couvrait demisère, et cela n'était plus un mystère pourpersonne. Heureusement, une poignée d'hommes et de femmesavaient pu être sauvés, des animaux aussi...Nous étions prisonniers, en quelque sorte, d’une arche deNoé. De quoi rire, pourtant l'humeur du jour ne donnait pas lafureur de vivre et encore moins l'envie de sourire. Cela aurait dû, me suffire de voir souffrir, d'entendre les cris issus du brasier dela ville, de ses arbres en feu. La nature offrait son spectacle et je ne restaispas insensible, mais muet devant cette lueur qui recouvraitl'horizon. L'effet carmin nourrissait mon instinct profond, délivrantles messages de mes gènes, ces morsures de haine. Depuis plusde deux heures, je constatais mon impuissance, ce côtéinutile que je cultivais de naissance, cette incapacité àaider.J'enviais le détachement de cette jeune femme, au mois d'août.Immobile, elle respirait la santé, la gaieté se lisaitsur son visage, ses yeux avaient des couleurs de pluie, et un étrangegris rosé éclairait mes ennuis. Si seulement je l'avaisconnue avant, avant le massacre, avant ces effroyables cyclones quitourbillonnent, crèvent le ciel et vous enlèvent tout espoir d'existence, avant ces vents qui vous ôtent toutsentiment de paix, ne serait-ce que de paix intérieure... Maiscomment vivre face à cela, face à soi ? Trop demorts... Des vagues de morts qui rongeaient mon humeur et arrachaienttoute illusion au mot amour... Mes pensées étaient rouges, de honte,et je restais le dos au mur, complètement allumé par cedésir de peindre le massacre. Sur la palette de mes maux, monpinceau se couvrait de toutes les déclinaisons de cettecouleur ; l'ocre de la terre n'était plus qu'un souvenir ; lescoquelicots, eux, partaient en voyage. Tout partait en fumée,sauf ce désir de peindre, seul désir qui m'empêchaitde me pendre. Eh oui, il me nourrissait l'âme. Si d'aventurequelqu'un me sortait de ce tableau, je devenais méchant commeun âne vermillon et je faisais peur.Le reste est sur ILV
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