La
compagnie noire est faite de mercenaires qui ne s'occupent guère de la légitimité de la cause pour laquelle on l'emploie.
Elle va la où l'on a besoin d'elle, là où on la paie pour ses services rendus, sans se préoccuper de la morale, où si, seulement de celle d'honorer le contrat qui la lie à son employeur.
Dernière des compagnies franches de Khatovar, ses traditions et ses souvenirs ne vivent que dans les présentes annales, écrites de la plume de Toubib, le médecin de la
compagnie et l'analyste. La Compagnie
noire contre le monde entier, il en a toujours été et il en sera toujours ainsi. La Compagnie, quand on y entre, on y sort que les pieds devant, c'est la seule famille qui reste à ces hommes dont le passé trouble les rapproche dans la misère des batailles et du sang.
Mais le jour où le capitaine de la Compagnie signe pour l'enrôler au service de la Dame et de ses dix Asservis, n'est-ce pas signer avec le Mal lui même... ? Car les légendes seules parlent du Dominateur, marchand d'esclaves puissant qui dominait les terres du Nord, de sa Dame, et des Dix, jusqu'à ce qu'ils soient tous vaincus par la Rose Blanche et enterrés pour l'éternité. Mais il semblerait qu'ils ne dorment plus, réveillés et assoiffés de vengeance, de pouvoir.
La Compagnie fera ce pour quoi elle est payée, coute que coute, elle se battra pour Volesprit, l'un des Dix, contre le Cercle des Dix-Huit et leurs armées rebelles qui espèrent le retour de la Rose Blanche, libératrice mystique, en la personne d'une jeune fille annoncé par une météore, et contre les Asservis eux mêmes qui se livrent, au sein du même camps une guerre d'influence effrayante et dangereuse.
Au fils des batailles, l'analyste devenant favoris de la Dame en personne, entrevoit les jeux politiques, la fureur et la haine de ce qu'implique le pouvoir dans ce monde noircit qui ploie sous la sorcellerie.
Dans ce destin de la Compagnie qui peut être s'éteindra dans ce champs de chaos, quel rôle doit jouer le mystérieux Corbeau ? et la petite Chérie, enfant muette sauvée des mains abominable des sous-fifres du Boiteux ? Et si les ennemis n'étaient pas ceux que l'on pensait et que le Dominateur n'était pas tout à fait endormi au fond de son sanctuaire, emprisonner de sortilèges puissants ?
"Tout gouvernant se crée des ennemis. La Dame ne fait pas exception. Les Fils de la Rose Blanche sont partout... Si on choisit son camps sous le coup de l'émotion, alors c'est aux rebelles qu'il faut se joindre. Ils combattent pour tout ce que les hommes prétendent honorer : la liberté, l'indépendance, la vérité, le droit... Toutes les illusions subjectives, les sempiternels mots-déclics. Nous sommes les valets du méchant de la pièce. Nous montrons que se sont des illusions sans objet.
Il n'y a pas de méchants qui se proclament tels, seulement des régiments soi-disant saints. Les historiographes des vainqueurs décident de quel coté sont le bien et le mal.
Nous, nous rejetons les étiquettes. Nous combattons pour l'argent et une vague fierté. La politique, l'éthique, la morale n'ont rien à voir dans l'affaire."