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Peut-on outrepasser des devoirs?

par : HeleneLarrive    

Auteur(s): Hélène Larrivé
Peut-on outrepasser ses
devoirs ?
Droit et devoir sont les deux
côtés d’une même médaille : en
démocratie, mon droit est le devoir de
l’autre et vice versa. Si on parle rarement d’obéir à ses droits mais
surtout d’obéir à ses devoirs, c’est parce qu’obéir à ses devoirs
suppose une gêne (pour soi) tandis qu’obéir à ses droits (ou exiger qu’ils
soient obéis) suppose au contraire un bénéfice (pour soi)… une gêne, ex un chemin défriché représente un bénéfice mais aussi un travail.> Le
second cas (obéir à ses devoirs) est général, pas le premier (obéir à ses
droits) mais c’est la même chose.
On doit obéir à ses devoirs (ou à
ses droits). Mais ces devoirs, peut-on les outrepasser ? Cela ne
revient-il pas à une forme d’ingérence originale ? A de l’arrogance ? A donner
des leçons intempestives et involontaires (ou volontaires) à ceux qui de fait semblent ne pas obéir à leurs devoirs,
par jeu d’ombre et de lumière ? La limite est floue entre obéir et
outrepasser : quand s’arrête le devoir et quand commence l’excès de zèle voire
l’empiètement ? La notion même d’empiètement (quant à un devoir) n’est-elle pas
contradictoire ? Elle paraît fautive et surtout rare : le plus souvent, on
se défausse sur les autres ou sur le pouvoir, à tort ou à raison. Le citoyen
fait appel au pouvoir pour faire respecter son droit lorsqu’il n’est pas
possible de faire autrement… mais parfois il peut agir seul et il le doit. Les
premiers cas sont plus nombreux que les seconds : la démocratie conduit
souvent à l’assistanat. Aux décideurs d’agir pense le peuple. C’est la soi
disant rareté du cas qui crée cette problématique... bien qu’en fait, le cas ne
soit pas si rare.
Le devoir civique commande de
respecter le droit (de la nature, des autres...) Lorsqu’il ne l’est pas par le
fait de quelques uns ou du hasard (c'est-à-dire en bout de chaîne du pouvoir) le
devoir ordonne à chacun de tout mettre en oeuvre pour le rétablir (commandant carrément,
lorsque le pouvoir se montre défaillant, le droit et même le DEVOIR
d’insurrection, constitution de 1793). Peut-on rétablir le droit seul ? En
général, non : c’est pourquoi la question se pose peu. Mais dans des cas
particuliers « minimes », on le peut, en partie. Ce rétablissement du
droit (ou du devoir) est-il bienvenu ? Oui, évidemment : mais il est
incontestable (du moins pour des gens de mauvaise foi) qu’il peut aussi implicitement
représenter une mise en cause du pouvoir, quelle que soient la légitimité des
raisons alléguées par celui-ci (manque de moyens, lourd passif lié à des précédents
responsables etc…)
Mais le pouvoir parfois incrimine
légitimement la passivité ou la paresse des gouvernés qui font appel à lui pour
des futilités facilement remédiables par chacun. Inacceptable ? Oui. Mais
il incrimine aussi (c’est moins fréquent) l’ingérence ou ce qui peut en faire
figure lorsque des gouvernés prennent en main une affaire qui lui
incomberait seul. On est donc sur le fil du rasoir : ne rien faire ? Inacceptable.
En faire trop ? Ingérence. Il faut louvoyer : or l’éthique s’accommode
mal d’atermoiements. geste citoyen même de bonne foi peut
représenter pour celui qui est de mauvaise foi (surtout si ce geste le dérange) une
ingérence voire une quasi accusation du pouvoir « responsable »…
qui doit tenir compte de tous, parfois jusqu’à la démagogie ou au double jeu :
de cet aléa, le pouvoir doit s’accommoder. Mais pas le gouverné qui, n’ayant pas à chercher l’approbation de tous, est
libre d’agir selon l’éthique… le principe de la démocratie étant que l’éthique
regarde chacun, que l’on ne fait pas ce que l’on veut même chez soi… et que chacun
a le devoir (et le droit) de dénoncer et de pallier s’il le peut les
dysfonctionnements du droit graves ou légers qu’il pointe au quotidien, issus
de circonstances, de contrevenants -que nous sommes tous plus ou moins mais à des degrés divers- ou des deux à la
fois.>  Hélène Larrivé 
Publié le : mai 22, 2009
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