Les critiques absolument dithyrambiques autour du dernier film de Pascale Ferran nous ont donné envie de retrouver nos émois
de 16 ans et de relire le roman quelques rounds plus tard (à défaut de voir le film programmé !). Et bien, c’est encore mieux. De très loin. Les souvenirs fixés sur le sexe, les sens, la nature sont largement dépassés par la vertu subversive du roman : c’est toute la société bourgeoise british qui est shootée, ici, par la plume de D.H. Lawrence. A travers la libération sexuelle d’une femme, c’est toute l’individualité qui jaillit de partout et repousse les lignes d’une société glacée et victorienne. Absolument moderne. A propos de l’institution « mariage », : « j’aurais honte de voir une femme aller et venir comme une malle avec mon nom et mon adresse sur une étiquette », nous déclare l’un des héros. Ecrit, publié et saisi la même année en Angleterre et aux Etats-Unis, ce roman a bousculé l’édifice puritain anglo-saxon dès sa sortie en 1928. C’est dire sa valeur inestimable et sa bouffée de liberté ressentie à sa lecture ou relecture, aujourd’hui ! Enfin, la
sexualité y est adulte et pleine, belle. Vraiment belle. C’est drôle comme les productions contemporaines nous ont laminé le sentiment de beauté accolé au sexe. Rien que pour se (re) éduquer l’esprit, il faut relire « L’Amant de Lady Chatterley ».