Mère.
Ma
Mère, sans toi, je ne serais rien.
Tu
m'as offert, ma mère, le
monde, ton monde, celui de
tes
angoisses, tes rêves non pensé, ceux les plus flous ont
pris essence en mon sein, sans trop comprendre pourquoi.
Mère,
si loin, j'entends encore le son de ta voix, l'absence de tes mains
et ce refrain curieux que je lis dans tes yeux, essence d'Amour sans
le savoir, nul besoin de mots pour que tu parles, toujours là
quand j'ai faim, fière de m'offrir un toit, quand moi dans ma
vie je subi de naître qu'une moitié de toi, un univers
d'ennuis, une messe à comprendre, et ce pourquoi qui me
tarabuste l'esprit.
Aussi
sensible qu'un ciel d'étrennes, vit en moi cette peine de te
faire mal. Je lis tes silences, claires, tes peurs quand je cherche
sans fin ma voie, l'autre partie de moi.
Elle,
celle qui sauras prendre au fonds de mes viscères, le bien, le
mal, le tout de moi.
Je
cherche, chien aux abois cet idéal, mère, n'ai pas peur
des cafés noirs, ils sont l'éclat de ma misère,
le trait d'union des gouttes de ma peau, souvenir de cette lumière
qui me colle au cerveau.
Vrai,
dans cette ballade dans le lointain, la mort m'as refusé son
cercueil, toi, au fond de tes soucis tu voyais le ravin, ce gouffre
qui poursuis mon enfance.
Ne
t'inquiète pas, je suis grand maintenant, l'eau est un refuge
pour mes doutes, elle circule sur ma peau, sèche mes larmes et
écoute mes propos. L'orage est loin, le dos d'une baleine
prend vole, je vais bien.
N'ai
pas peur, je ne suis fou que de sa main, celle qui noie mes peines,
renflouer mes secrets, ce
monde d'incertitude que tu portais sur tes
reins, depuis ton enfance, ses bombes qui sortaient du ciel,
véritable pluie d'angoisse qui laissait couler vos rires
d'insouciance, loin de comprendre la loi des hommes.
Mère,
oublie ce mur qui me menace, dort.
Moi,
un rien de toi, je tente en vain de maîtriser ce nuage
d'angoisse, ce charme né du croisement de nos yeux, le noir de
notre monde, l'envie d'être heureux, se faire plaisir, une joie
simple.
Notre
coeur est lié, c'est l'éternité qui nous sépare,
pas de doute.
Nos
querelles sont lointaines, mère, tu sais qu'au fond, quand je
regarde l'Océan, si je pars, ce n'est que pour continuer à
vivre, car j'ai besoin de sentir la nature, qu'elle s'imprègne
en moi comme une aventure, les récits de mes pensées
sont pour toi, pour que tu saches que je n'ai plus peur, d'être
moi, l'enfant que tu portais inconsciente, une année chaude,
loin de la folie ambiante.
Je
suis né en été, j'ai crié tout de suite,
la lumière c'est imprégné dans mon coeur,
fragile parole, d'un fils pour sa mère.
Parole,
pour qu'elle comprenne que parfois l'absence fait du bien, il est le
fruit de liberté, le chant des oiseaux, l'îlot des
pêchés.
Je
sais que tu es seule, tous les soirs, le noir s'installe et tes
enfants sont là, présent, cadeau des dieux sans chaîne,
maladroits, ils t'aimes tous et laisse moi te dire, oublie le reflet
de la glace, les rides ne sont rien si l'on conserve un coeur.
J'aimerais
un jour te présenter l'âme soeur, à mon tour,
t'offrir des enfants, sans limites, un quatre, six soixante, peu
importe le chiffre, surtout je ne veux pas que le mal te noie de
pleur, regarde encore le monde qui t'entoure, parle, rie, sourie, la
mort n'ai pas l'oubli, tu sais !
"Je
t'aime"...